"Puisque je n’ai aujourd’hui, Seigneur, moi votre Prêtre,
ni pain, ni vin, ni autel,
je vais étendre mes mains sur La Totalité de l’Univers
et prendre son immensité comme matière de mon sacrifice (1)."
Tel fut le premier offertoire de la "Messe par coeur" que Teilhard a souvent dû
prononcer comme une prière secrète, lorsque l’inconfort des avant-postes
et Les risques de la Guerre l’empêchaient, parfois pendant plusieurs semaines,
de célébrer normalement la Messe. Plus tard dans ses explorations
en Chine, malgré la présence d’une vingtaine d’ouvriers chinois,
(inutilisables pour la liturgie), il revivra la même expérience (2)
si frustrante pour qui a tant de foi et de désirs spirituels.’ Il se trouve
dans les Ordos, à 800km a l’Ouest de Pékin, aux abords de la Mongolie
Extérieure, pendant les mois d’été 1923, et notamment début
août, pour La Transfiguration, sa Fête de prédilection (3).
Teilhard reprend sans en avoir le texte, le thème de sa première
rédaction. Il supplie son "Maître" de "Se révéler,
de transparaître comme le Cœur des puissances de la Terre". C’est comme
un prélude au "Coeur de la Matière" de 1950 et au "Christique" de
1955 :
"Au coeur de la Matière, le Coeur d’un Dieu...
transfigurait et même "trans-substanciait"
les profondeurs mêmes du Monde."