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Pourtant quand la Bible juive (lAncien Testament
des chrétiens) sera rédigée, on osera écrire
le Nom imprononçable. D'ailleurs ce nom sacré, tant de fois répété
dans toutes les pages de la Bible, paraît certes écrit
mais il est orthographié de telle façon quun lecteur non initié
à son secret, en le lisant tel quil est écrit, le prononcera
dune manière fautive et donc ne l'aura pas vraiment prononcé (4) ! Nous allons d'abord étudier le Nom de Dieu et ses différentes expressions, dans la révélation faite à Moïse. Nous vérifierons quelques analogies de ce Nom avec ses antécédents égyptiens. Puissions-nous, chemin faisant, découvrir de mieux en mieux, au travers des formes multiples de ses noms et de ses symboles, les richesses et les beautés de la Réalité divine ! LE NOM DU DIEU DE MOISE
Reprenons le texte intégral (3) de la révélation
du Nom de Dieu à Moïse. Remarquons d'abord l'effort de Dieu pour
se conformer à la grammaire : Dieu parle de soi en disant "Je suis",
à la première personne. Puis, Je suis devient Le Nom:
Je suis" ma envoyé vers vous". Enfin, pour parlerl) Rappelons qu'il existe deux versions au "Notre Père,
celle de Matthieu
Vl.9-13, et celle plus courte, de Luc
XI.2-4. Mais toutes deux disent: "Que Ton Nom soit sanctifié
!".
2) C'est le 2ème Commandement d'Exode XX.7 et du Deutéronome V.11: "Tu ne prononceras pas en vain le nom de Yahvé, ton Dieu: car Yahvé ne tient pas pour innocent celui qui prononce son nom en vain." La formule en vain (Osty et Chouraqui) est aussî traduite: à faux" ',Bible de Jérusalem) ou à tort" (Trad. oecuménique TOB). L'interdiction vise les serments inutiles, faux témoignages, blasphèmes, malédictions, usages magiques... Par respect du nom divin, on est allé dans le judaïsme, jusquà éviter de le prononcer. Mais si l'aspect négatif du commandement interdit d'utiliser abusivement le nom de Dieu, sa signification positive est donc: Tu invoqueras Dieu par son Nom, tu Le sanctifieras, tu Le célèbreras avec amour" ! 3) "S'ils me disent quel est son Nom? Que leur dirai-je?" Dieu dit à Moïse: Je suis celui qui suis... Tu parleras ainsi aux fils d'Israël: Je suis m'a envoyé vers vous. Dieu dit encore à Moïse: "Tu parleras ainsi aux fils d'Israël: Yahvé (c'est à dire: II est), le Dieu de vos pères, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob, m'a envoyé vers vous: cest mon nom à jamais..." [Exode III.13-15] 2 |
de Dieu comme d'un tiers, Moïse devra dire
aux hébreux : Il est" (Yahvé) ma envoyé vers vous". Voici les formes hébraïques du tétragramme sacré : [Il faut déjà quatre lettres pour la première personne]
Sachons en outre quil s'agit d'un mode qui n'est pas l'indicatif et que son équivalent français devrait se conjuguer avec lauxiliaire "faire": "Je fais que je sois". Ainsi, a la troisième personne: "Il fait qu'Il soit", va vouloir dire: "Il est cause de son être", formule assez idoine pour Dieu (7) ! 4) Autrefois, pour lire vraiment, on prononçait les mots,
à mi-voix au moins, ou même à tue-tête, comme actuellement
encore dans les écoles coraniques... C'est pourquoi, dans les Actes
des Apôtres (VIII.30), Philippe apostrophe l'intendant de la
Reine Candace, qui, alors qu'il passait, assis dans son char, "lisait
Isaïe" [donc à voix haute],: "Comprends-tu ce que tu lis?"
5) Transcription de la Bible de Chouraqui [Desclée de Brouwer] 6) Nous avons trois temps en français: passé, présent, futur. En hébreu, nexistent que deux temps seulement: l'accompli (passé) et le non-accompli (à la fois présent et futur). On doit donc traduire le non-accompli, par le présent ou le futur, en fonction du contexte. 7) Maïmonide (1135-1204) dans son "Guide des égarés" [première partie: Nº 61]: page 147 de l'Edition de 1979 chez Verdier, explique: Ce qui fait que ce Nom a une si haute importance et quon se garde de le prononcer, c'est qu'il indique expressément l'essence même de Dieu" [son être]. |