Si bien que la prédication juive puis chrétienne en est venue a susciter moins la ferveur dans la prière que l’obéissance aux lois divines dans un esprit de crainte de Dieu (3).
En recherchant les causes de ce travestissemnt de l’amour, à partir de ses effets pervers, à travers cultures et religions, à différents âges de la spiritualité, nous découvrons un fait surprenant: le dédain ou l’oubli par la religion juive des richesses du culte de la Mère Divine, universellement répandu bien avant l’époque de Moïse, de l’Egypte à la Chaldée (4), tout autour de la Méditerranée... Culte en outre déjà largement atteste par ce qui nous reste de l’art des hommes des cavernes !
LA MERE DIVINE DE LA PREHISTOIRE
Archéologues et paléontologistes ont baptise la plupart des représentations féminines trouvées dans les sites préhistoriques, du nom de Venus, en hommage à la beauté de la Déesse, image de la femme idéale que symbolisait l’Aphrodite grecque.
1) Par exemple: "Nul ne Te connaît, si ce n’est Ton Fils" [Psaume du Pharaon Akénaton, vers 1360 avant J-C] dont nous trouvons l’écho dans Matthieu XI.27. Dans les langues indo-européennes, le concept de Père est constamment associé au terme divin. De Pitar [Père en sanscrit qu’évoque aussi le Dieu Ptah] dérivent: Dyaus Pitar (Dieu-Père) puis Zeus-Pater des textes grecs devenu le Ju-piter latin... Dans les discours sacrés de l’Hermétisme, nés en Egypte et parvenus à nous par les Grecs, Dieu est couramment appelé le Père: "Le monde est contenu par Dieu le Père, l’homme par le monde. Le monde vient a l’être... fils de Dieu, et l’homme vient à l’être... fils du monde, pour ainsi dire petit-fils de Dieu." [Hermès.X.14]
2) L’évolution spirituelle doit revenir de la paternité divine à sa maternité. Après l’ère du Fils, enseignait déjà Joachim de Flore (vers 1170), viendra l’ère de l’Esprit-Saint qui sera perçu en outre comme Mère dans la Trinité.
3) C’est, hélas, ainsi qu’est dénommé le 7ème des dons du St Esprit: le don de crainte de Dieu! La Bible de Chouraqui, ancien adjoint au Maire de Jérusalem, transcrit le mot habituellement traduit par "crainte”, en frémis-sement, tremblement, déclenché en nous par le sentiment de la présence de Dieu. Autrement dit, il s’agit de la ferveur, et non de la crainte.
4) Comme nous le verrons plus loin, la religion juive n’avait que faire d’une notion féminine de la divinité. Les Juifs exilés en Egypte, avaient connu la Déesse Hathor, qui ailleurs sous les noms d’Astarté, d’Ishtar, d’Artémis... et même de Cybèle et Déméter... personnifiait la Grande Déesse, Mère Divine et Mère des Dieux. Le fameux "Veau d’or" [terme utilisé par la Bible par dérision] représentait sans doute Hathor !

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Pourtant, en examinant les proportions du corps de ces ”Venus" de l’humanité primitive, nous nous étonnons de l’importance des attributs féminins sur ces statuettes de femmes: poitrines plus qu’opulentes, voire multiples (5), ventres énormes, croupes particulièrement callipyges (6) et plus souvent: stéatopyges.
Ces images de "femmes-modèles" pouvaient sans doute servir a des rites ou pratiques que nous pourrions imaginer. Cependant a travers ces types de femmes surdouées en attributs sexuels et donc en fécondité, était honorée et invoquée la maternité à l’état pur, et pour tout dire la maternité divine. Ces Venus préhistoriques symbolisent en effet la Déesse de la fécondité, la Mère Divine, c’est-a-dire Dieu en tant que Mère.
LES CIVILISATIONS ISSUES DU PALEOLITHIQUE
L’archéologie a découvert, après ces formes archaïques de la Mère Divine, des représentations de la Déesse du Ciel, nommée UA ZIT ou AU SET (7). Ces statuettes représentent des Femmes qui maîtrisent des serpents (8).
Ainsi avant même que s’épanouissent, à travers la civilisation de l’Egypte, ses multiples religions qui faisaient une si belle place a la Réalité Divine en ses formes féminines d’Hathor et d’Isis entre autres, bien d’autres peuples du Moyen Orient enseignaient que la meilleure image de la Divinité était celle de la Mère Divine.
5) La statue d’Artémis, rescapée de la ruine du Temple d’Ephèse [la 7ème merveille du monde pourtant], exhibe, sur sa poitrine, sur trois rangées, plusieurs dizaines de seins, plus ou mains stylisés en forme d’oeufs!
Sa chevelure et sa tunique sont ornées de taureaux ailés. Le Taureau astro-logique synthétise les valeurs d’Hathor la Vache céleste et de Vénus (ou lsis) l’astre maître du Taureau.
6) Callipyge: Surnom d’Aphrodite ["mot à mot" du grec: "belles fesses"!] Quant à stéatopyge, il signifie: "fesses grosses et grasses" !
7) On notera la ressemblance de AU SET avec Asêt, nom égyptien d’Isis. Asêt signifie le trône: Isis le porte sur la tête, car elle est Reine du Ciel. 8) La Grande Déesse sera adorée depuis le paléolithique (au moins 7000 avant 3-C) jusqu’à la fermeture des temples vers 500 (après), sous l’influence chrétienne. Le Serpent est associé à l’idée de connaissance, de maîtrise des forces secrètes de la Nature, puis à la guérison. Le cobra est la première forme d’Horus à sa naissance et est souvent figuré avec Hathor ou Isis.
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