climat de confiance et d’amour – à apprécier les leçons à tirer des actes de leur vie passée dont, en quelques instants, se déroulait tout le panorama. Enfin, malgré les attraits de ce type d’existence dans « l’ailleurs », il leur fallait, comme par un arrachement, revenir à notre vie prosaïque et réintégrer leur corps blessé ou infirme, tout en gardant la nostalgie du bonheur d’un au-delà – objet désormais d’espérance enviable :
« Je sais où j’irai après ma mort et ma vie en a été changée. »
Déjà la publication de ces deux livres a permis de découvrir que « cette expérience était à la fois très répandue et très soigneusement tenue cachée », écrit le Dr Moody. Nombre de lecteurs en effet reconnaissent que tout cela leur était aussi arrivé. Ils nous apportent alors leur propre témoignage qu’ils n’avaient pas osé offrir aussi complètement : leurs premières confidences à leur famille avaient amusé, déclenché des sourires voire des sarcasmes ! Eux-mêmes avaient eu du mal à transposer en langage normal les pensées et les faits dont ils avaient été témoins ou acteurs. Une fois brisé ce tabou du silence autour de la mort, on s’aperçoit que cette expérience est encore plus générale qu’on n’osait l’imaginer.

D’autres témoins de l’invisible

Certes ces témoins, par définition, n’étaient pas définitivement morts ! Il ne peut donc s’agir pour eux que d’une traversée tout au plus partielle de la mort véritable. Cependant plusieurs livres (3), certains depuis plus de cinquante ans, avaient rapporté des témoignages semblables sur l’expérience de la mort et de l’après-mort. Les mêmes faits avaient par exemple été racontés par ces combattants de la Guerre de 1914-1918 pourtant tués à l’ennemi ou abattus avec leur avion. Seulement ces témoins avaient été récusée, leurs récits – sur les circonstances de leur mort et leurs aventures dans l’autre monde – avaient été dédaignés parce qu’ils étaient, eux, vraiment, définitivement morts et enterrés ! Leurs témoignages n’avaient donc pas pu être recueillis de la même façon que pour ceux dont le Dr Moody a reçu les confidences.
Insistons encore sur l’analogie profonde des faits qu’ils rapportent et leur étonnante complémentarité avec ceux du livre du Dr Moody, avant d’expliquer comment ces morts ont pu parler.
Un jeune aviateur anglais de la R.A.F. raconte qu’il a vu son avion s’écraser au sol avec son corps physique dans la carlingue alors que de son « corps spirituel », il assistait à la scène – comme de l’extérieur... Pierre Monnier, lieutenant mort au champ d’honneur le 8 janvier 1915, explique à sa mère à partir de 1918 comment

LA NATURE DU CORPS SPIRITUEL

« C’était comme si je sortais de mon corps pour entrer dans quelque chose d’autre. Je n’ai pas eu l’impression de n’être plus rien ; j’avais un autre corps... mais pas du tout un corps humain ordinaire. C’est un peu différent. Pas exactement comme un corps humain, mais ce n’était pas non plus comme un grand globe de matière. Ça avait une forme ; mais pas de couleur. Et je sais que j’avais quelque chose qu’on pourrait appeler des mains. Ça ne peut pas se décrire...
S’il faut absolument employer des mots, je dirais que c’était transparent une entité spirituelle par opposition avec un être physique... quelque chose que je pourrais comparer au mieux a un centre énergétique »...
Moody - La Vie après la vie.
il a pris conscience qu’il était mort, sa fierté de l’héroïsme de ses subordonnés, et aussi par quels parents et entités spirituelles il a été soutenu, introduit successivement dans les sphères ou groupes d’êtres du même niveau mental qu’atteignait son évolution personnelle. Ses révélations emplissent sept gros volumes dont une étude des contenus, même non exhaustive, permet de dire avec certitude que les données scientifiques (structure de l’univers et de la matière, idées sur l’évolution) et le niveau théologique dépassent les connaissances de Pierre Monnier lui-même, de sa mère et de l’époque où ces récits ont été enregistrés (surtout ceux de 1918 à 1927). Nous comprenons mieux maintenant ces textes scientifiques qui ont la saveur de ceux des « gnostiques » de Princeton.
Pierre Monnier, protestant, explique à sa mère, de même confession, des idées religieuses sur la communication avec l’au-delà, sur l’Eucharistie etc., que ne professe pas leur Église. Ses enseignements inédits et d’un indéniable intérêt doctrinal, sur la Trinité, sur les caractéristiques de l’humanité de Jésus, ou l’œcuménisme, anticipent sur la vitesse d’évolution des Églises. Ses critiques de quelques unes des traditions chrétiennes devancent les vues des experts de Vatican II. « Les Lettres de Pierre » suggèrent que certaines contradictions entre les théologies des diverses églises seront surpassées lorsque les philosophes auront pris conscience des relations qui unissent leurs différents systèmes de pensée : conception passablement inédite il y a 50 ans puisqu’elle est à peine concevable de nos jours. Ainsi pour nous éclairer sur les modes de penser dans l’au-delà, ces témoins nous décryptent les nôtres et nous révèlent ce que les clients des Dr Kübler-Ross et Moody n’avaient pas pu dire : ils expliquent ce qu’ils ont trouvé au-delà de la frontière dont on ne revient plus une fois qu’on l’a franchie...
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