LA SURVIVANCE PAR DELÀ LA MORT...

Nº 1

par le Père Humbert BIONDI

LA VIE APRÈS LA VIE ...

Le succès de La Vie après la vie a été si extraordinaire que même de grands magazines ont consacré des pages entières à la reproduction de chapitres entiers du livre et à la discussion de ses idées, comme de celles de bien des ouvrages de même inspiration qui, depuis, cherchent à exploiter cette réussite d’édition. La mode de l’au-delà a alors sévi dans la presse, dans les émissions radio et télévision et même dans la chanson. Ainsi chante Aznavour :
« Aimer jusqu’à la mort
Et au-delà peut être ?
... Et par-delà encore ! »
L’au-delà des journalistes et des scientifiques semblerait presque plus agréable que celui de l’Église. Cependant, à propos de cette nouvelle remise en vogue de l’au-delà, l’Église n’a pas voulu rester silencieuse : elle aurait risqué de laisser le champ libre à toutes les fantaisies... Rome a donc envoyé aux évêques du monde entier une « Lettre sur quelques questions concernant l’au-delà et la vie éternelle ». Les derniers documents d’Église d’un contenu aussi important que cette Lettre de 1979 datent de plusieurs siècles. Jean XXII et Benoît XII, Papes d’Avignon, avaient approfondi en 1334 et 1336, la nature et l’intensité de notre béatitude céleste par et dans la vision de Dieu. Comme dit St Jean : « Nous lui serons semblables car nous le verrons face à face, tel qu’il est. »
La réalité de la survivance de l’âme a donc été affirmée par des hommes de science, médecins, psychiatres, qui ne font pas référence à une foi religieuse ou à une Église, et qui enseignent qu’à la mort, quelque chose de l’esprit de l’homme s’échappe du corps physique. Quel que soit le nom que l’on puisse donner à cet élément spirituel, doué de conscience et de mémoire, capable d’amour, IL EXISTE BEL ET BIEN. La Bible et la Tradition l’appellent « âme ». Il faut bien un « outil verbal » pour en parler. Nous pourrions aussi bien dire « corps psychique » ou « spirituel », qui succède au « corps physique » ou « biologique » en attendant d’être transformé en « corps glorieux », à l’image du Christ ressuscité et glorifié.
Que se passe-t-il quand vient la mort ? La plupart des hommes ont tellement peur d’en parler qu’ils n’échangent pas volontiers leurs idées sur cette angoissante question. Et pourtant bien des gens semblent avoir vécu des moments analogues à l’expérience de la mort.
Deux médecins qui exercent leur art aux États-Unis ont été conduits, ces dernières années, à révéler les confidences reçues de malades ou d’accidentés si gravement atteints qu’ils s’étaient trouvés dans un état de mort clinique : une fois sortis du coma, ceux-ci racontaient rêves ou souvenirs d’étranges aventures vécues durant leur mort apparente. Le Dr Elisabeth Kübler-Ross, psychiatre d’origine suisse, dans « Les derniers instants de la vie » (1) et le Dr Raymond Moody, dans « La Vie après la vie » (2) estiment-ils avoir apporté ainsi des preuves de la survie après la mort ?

Une autre forme d’être ou de conscience

Les études du Dr Kübler-Ross portaient sur le comportement psychologique des agonisants qu’elle soulage depuis plus de vingt ans. Redevenus conscients après arrêt du cœur et activité cérébrale nulle, ils fournissaient le compte-rendu de ce qui s’était passé dans leur chambre d’hôpital alors qu’ils gisaient sans connaissance et sans vie, précisant le nombre des membres du personnel hospitalier qui avaient pris part aux efforts de réanimation, répétant les répliques échangées, décrivant des méthodes de soins qui auraient dû leur rester inconnues s’ils n’en avaient eu connaissance dans une autre forme d’être et de conscience.
La cinquantaine de témoignages sélectionnés par le Dr Moody sur 150 cas étudiés, concerne surtout des accidentés et recoupe de façon extraordinaire les études de sa consœur autour de ce que font les médecins proches d’un mourant... Mais en outre ces moribonds ont eu l’impression de flotter à quelque distance de leur corps physique devenu inutile, avec une sensation de paix et de plénitude. D’autres êtres, décédés avant eux ou figures spirituelles sur lesquelles nous reviendrons, les accueillaient et les aidaient – dans un
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