LA RECHERCHE DE LA VÉRITÉ : SCIENCE ET FOI |
RV.15 |
LES HYPOTHÈSES SCIENTIFIQUES DANS LEURS RELATIONS AVEC LE PROBLÈME DE DIEU |
par le Père Humbert BIONDI |
Evolution historique de la question : Alors que les cosmogonies religieuses
n’avaient pas par elles-mêmes de prétentions scientifiques,
la science humaine - par une sorte de parti-pris antireligieux - sest
souvent érigée en adversaire de toute intervention créatrice.
La science matérialiste contemporaine prend ouvertement comme hypothèse
de travail la démonstration de lINexistence du principe créateur.
Il est bon (à la lumière de la leçon 14) de nous remémorer
certaines étapes de la pensée humaine :
Tout Par Dieu - 1. LES COSMOGONIES RELIGIEUSES : dont la plus parfaite présentation
est constituée par la première page de la Bible (pages 16 ancien cours,
avec ses allusions aux cosmogonies égyptiennes et babyloniennes).
La Création comporte une leçon : Dieu crée par un effet de sa
volonté, et en se proposant une oertaine fin(but) : le bonheur de l’homme.
Les Hébreux avaient quelque excuse pour "errerdans la précision
scientifique des termes utilisés ! Outre le message religieux, des notions
philosophiques EXACTES nous sont ainsi transmises : la création a 1ieu
"au commencement du temps (non ab acterno) Contrairement à
lopinion répandue par une curieuse traduction (chaos) : Dieu ne crée
pas à partir d’un chaos" (matière diffuse !) mais "ex
nihilo (préséance ontologique, qui néchappe même
pas aux sages du brahmanisme selon lesquels la matière est comme la forme
cristallisée de la pensée dun créateur :
"la pensée divine est mouvement pur, dépourvu de substance, cest
ce mouvement qui est en fait lunique substance de toute matière,
que lon représente comme la source mystérieuse de tout ce qui
existe... Lunivers semble exister bien quil nait finalement
dautre matière quune énergie (p.60 Polythéisme
hindou. Daniélou)
- 2. DIEU nintervient plus qu’à lORIGINE et comme LOI - Alors que les cosmogonies religieuses, ignorant les sciences inexistantes, voient Dieu agir partout et toujours parmi les hommes ... DESCARTES, BUFFON , KANT à l’époque où naissent les sciences et la philosophie modernes, réservent à Dieu DEUX INTERVENTIONS : l’acte créateur ("la chiquenaude initiale de Descartes) et LES LOIS de l’univers, lois physiques, chimiques ET MEME LOI MORALE (Kant). L’Eglise condamne ces positions en pressentant confusément une meilleure explication.
Tout sans Dieu - 3. LAPLACE, (1749 - 1827) serait le héros de la fameuse
anecdote: exposant à Bonaparte son " Système du monde ",
il s’entendit reprocher de ne pas avoir parlé de Dieu dans son livre,
”Citoyen premier consul, je n’ai pas eu besoin de cette hypothèse”.
C’est encore l’attitude des marérialistes.
L’astronomie cherche à expliquer la genèse des mondes à
partir d’une matière diffuse dont personne ne veut plus poser le
problème de l’origine. La matière est "éternelle”.
Les objections de la thermodynamique ont beau établir que pour ce qui
regarde l’avenir au moins le doute n’est pas permis puisque la mesure
cessera. C’est un ”dogme”matérialiste !
De même que la matière est éternelle, ELLE EST INFINIE EN
DIMENSIONS . Toutes hypothèses que les sciences modernes ne cherchent
plus à démontrer (cela semble indémontrable) d’autant
plus que pratiquement toutes les connaissances modernes sont actuellement en
faveur de l’option contraire. (voir plus loin ) Ainsi les sciences, demeurant
dans leur objet propre, ne veulent plus s’égarer dans des discussions
philosophiques sur ce point.
- 4. LA TENDANCE MODERNE (sauf en pays matérialiate) est au respect
mutuel. La science progresse dans l’étude des phénomènes,
les décrivant, les renouvelant. La philosophie et la religion répondent
aux ” pour quoi ? en vue de quoi ? ” ”par qui ? pour qui ?
”de la création universelle .
Dans le monde intellectuel la publication des œuvres au Père Teilhard
de Chardin a pacifié bien des esprits scientifiques, et ébranlé
le matérialisme massif de bien des marxistes.
Jamais peut-être on ne s’est intéressé autant aux
problèmes religieux. On y consacre du temps ( retraite etc). La religion
s’est intériorisée (dévotion personnelle) . Et du coup,
même la liturgie se renouvelle. L’opposition nous a fait du bien
!
IL y a donc une vision chrétienne de l’homme et de l’univers
que ne désavouerait plus un humaniste d’autrefois. DIEU demeure
la CAUSE PREMIERE de tout dans la Création et l’Evolution des êtres
vivants (comme l’initiative, le Plan, l’Intelligence directrice
, " l’Architecte", l’ETRE dont les êtres sont des
reflets...) Dieu est cause première des LOIS physiques de l’univers,
comme Descartes, Kant, Einstein etc . l’avaient fort bien compris.
”L’Univers tombe en équilibre et en consistance, sous forme
de
pensée, sur un pôle d’intériorisation suprême..Le
"psychique" se
découvre comme sous tendant, à des degrés de concentration
divers,
la totalité du Phénomène... Nous pouvons pronostiquer le
contact
entre
la pensée, née de l’involution sur soi de l’étoffe
des choses,
et un foyer transcendant "Oméga”, principe à la fois
irréversibilisant, moteur et collecteur de cette involution.”
(Teilhard de Chardin : Phénomène humain : P. 341 et 342) .
[Remarquer que l’idée de ”Dieu collecteur"' est une
notion correspondant à celle de Dieu CAUSE FINALE de l’univers.]
LES PHENOMENES sont entre eux comme les CAUSES SECONDES de l’Evolution,
chacun des phénomènes provoque des effets qui à leur tour
déclenchent l’apparition d’autres phénomènes.
Cette succession des causes secondes ne supprime pas la nécessité
de la CAUSE première. Comme les ouvriers qui agencent les briques pour
construire la maison ne sont que les causes secondes de la fabrication de cette
maison : la cause première de l’édification de la maison
c’est l’architecte, auteur des plans de construction. (=/= hasard)
LES SCIENCES NE CONNAISSENT QUE LES CAUSES SECONDES(phénomènes).
LA PHILO (et la religion) PEUT APERCEVOIR LA CAUSE PREMIERE : DIEU
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