LA RECHERCHE DE LA VÉRITÉ : PHILOSOPHIE ET FOI

RV.13

II. PRÉSENTATION DU SUJET " SCIENCE ET FOI "

par le Père Humbert BIONDI
” L’opposition essentielle de la science et de la religion est évidente. La science ne peut pas se concilier avec les conceptions fictives (révélées) concernant la nature et l’homme ”(Arrêté de Kroutchev le 10 nov.I954 au Comité central du Parti oommuniste.)
Le Père Teilhard de Chardin, dans une note du 5.1.55, répondait aux paroles de K. que le conflit opposait non la science et la religion en général , mais la science et la révélation : ”Il aura fallu du temps , beaucoup de temps , pour que nous nous rendions compte que certaines façons de concevoir la Révélation étaient ruineuses et impossibles . Au cours d’une longue première phase (dont nous sortons à peine, ne cherchait-on pas dans la Bible des réponses aux questions posées par l’astronomie, la géologie ou la biologie ? Comme si , sur le terrain expérimental, nous pouvions utiliser (sous 1e même angle et pour les mêmes faits) deux sources différentes de lumière : celle d.u TROUVé et celle de l’ENSEIGNé...
A la suite d’échecs répétés , il a bien fallu nous rendre à l’évidence. En, aucun domaine , Science et Révélation s’empiètent l'une sur l'autre - ne font double emploi. Mais en revanche, de l’une à l’autre, un double rapport extrêmement remarquableo commence à apparaître .
D’une part , afin de s ’expliciter et de se développer jusqu’au bout, la Révélation a de plus en plus manifestement besoin des accroissements peu à peu apportés par la recherche scientifique à la conscience humaine . . Mais d’autre part et en revanche , afin de pouvoir pousser à fond son effort de découverte, la Recherche scientifique peut-elle vraiment se contenter d’un minimum - la foi en quelque Révélation (bien comprise) , loin d’interférer en quoi que ce soit avec la science, ne deviendra-t-elle pas quelque jour, non pas un substitut ((remplacement)) mais un ACTIVANT nécessaire de la, Recherche ?
Science et Révélation ne peuvent subsister fonctionnellement chacune que dans le mouvement qui les porte à la rencontre l’une de l’autre .... Dans cette direction s’annonce,' il me paraît, la solution définitive du conflit Science-Religion." VII 427-428.
A propos de ce texte , nous ferons trois remarques :
l Lorsqu’on a cherché dans la Rible des solutions aux problèmes scientifiques que pouvait-on y trouver ?
D’abord les idées "scientifiques" communément admises au temps de la rédaction ou de la re-rédaction du texte . Eb d une oertaino façon, on pourrait roprocbei aux ”sciences” de ces temps-là les
inexactitudes purement scientifiques de la Bible et donc de la Foi, conçue alors comme une fidélité scrupuleuse à la LETTRE INTEGRALE de l’Ecriture sacrée. Remarquons ensuite que nous Jugeons encore la Révélation du haut de notre science moderne actuelle - dont on rira bien, qu’on le veuille ou non y avant très longtemps ! L’idée par exemple de Création conçue comme un commencement total relève d’une physique préhistorique, alors qu’il faudra arriver à la concevoir comme un rapport d’être permanent dont malgré tout nous n’avons pas l’habitude . (Cours Teilhard p. 6) L’idée de fin du monde est toujours évoquée dans un contexte de destruction apocalyptique , alors que le " renouvellement de tout " dont parle l’Ecriture pourrait être la " Montée de Dieu " dans les esprits des hommes élucidant en commun le visage de Dieu (Teil. p.4) Ne nous fions pas trop à notre seule IMAGINATION, influencée par nos connaissances actuelles, pour croire avoir compris le donné de la Foi.
2. LE CONCORDISME a fait son temps . Cette manie de voir dans la Révélation Biblique ce qui est à la mode scientifique de chaque époque n’est pourtant pas disparue. Lorqu’un cosmonaute se vante de n’avoir aperçu, là-haut ni les ”sakés” ni Dieu, on ne sait ce qu’on doit plaindre davantage ': ou l'imagination religieuse des russes ou de leurs popes, ou la, volonté de blasphème-puéril de l’orgueil d’une science qui croit encore que ses progrès amenuisent Dieu lui-même,en propagandant ses fidèles !
3. Bien des savants modernes ont la Foi . Les scientifiques sont même plus près de la Foi que les littéraires: dans notre enquête :”Crois- tu que tu croies ?” 66 % de ceux qui ont continué leurs études scientifiques déclarent" croire en gros ce que l’Eglise croit”. Seulement 45 % des littéraires font la même profession de Foi . Pourquoi ?
-les scientifiques sont plus dociles au fait, leurs sentiments, leurs opinions ont l’habitude de se plier aux raisons scientifiques ;
-les littéraires subissent davantage l’influence de leurs caprices intellectuels , prennent leurs raisons pour la Raison !
- la science française n’est plus antireligieuse , l’histoire l’est encore beaucoup , et la philo. l’est aussi quelquefois .
CONCLUSION: Des interventions des Pères au Concile en octobre 64 nous citerons les passages suivants :
- R.P. Butler (7.10.64) - Spr des Bénédictins d'Angleterre- " N'ayons jamais peur de la vérité scientifique, car elle ne peut pas , par définition, aller contre la vraie foi .” La Genèse n'est pas un livre de sciences, mais un livre religieux...
- L’Eglise a fini par admettre l’inexactitude scientifique de la Bible ; elle avait considéré à tort comme de Foi le contexte scientifique des auteurs ... à quand la réhabilitation de Galilée ? (6.l0.64) En Oct.1992 !!
- Paul VI (5. 10. 64) : " Tout vrai savant est un ami pour l’Eglise à qui aucune avancée du savoir n‘est étrangère... Loin de craindre les progrès de la science, l’Eglise y applaudit..."
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