Lopposition essentielle de la science et de la religion est
évidente. La science ne peut pas se concilier avec les conceptions
fictives (révélées) concernant la nature et lhomme (Arrêté de
Kroutchev le 10 nov.I954 au Comité central du Parti oommuniste.)
Le Père Teilhard de Chardin, dans une note du 5.1.55, répondait
aux paroles de K. que le conflit opposait non la science et la
religion en général , mais la science et la révélation :
Il aura fallu du temps , beaucoup de temps , pour que nous nous rendions compte que
certaines façons de concevoir la Révélation étaient ruineuses et impossibles . Au cours
dune longue première phase (dont nous sortons à peine, ne cherchait-on pas dans la
Bible des réponses aux questions posées par lastronomie, la géologie ou la biologie ?
Comme si , sur le terrain expérimental, nous pouvions utiliser (sous 1e même angle et pour
les mêmes faits) deux sources différentes de lumière : celle d.u TROUVé et celle de
lENSEIGNé...
A la suite déchecs répétés , il a bien fallu nous rendre à lévidence. En, aucun domaine ,
Science et Révélation sempiètent l'une sur l'autre - ne font double emploi. Mais en
revanche, de lune à lautre, un double rapport extrêmement remarquableo commence à
apparaître .
Dune part , afin de s expliciter et de se développer jusquau bout, la Révélation a de
plus en plus manifestement besoin des accroissements peu à peu apportés par la
recherche scientifique à la conscience humaine . . Mais dautre part et
en revanche , afin de pouvoir pousser à fond son effort de découverte, la Recherche
scientifique peut-elle vraiment se contenter dun minimum - la foi en quelque Révélation
(bien comprise) , loin dinterférer en quoi que
ce soit avec la science, ne deviendra-t-elle pas quelque jour, non pas un substitut ((remplacement)) mais
un ACTIVANT nécessaire de la, Recherche ?
Science et Révélation ne peuvent subsister fonctionnellement chacune que dans le mouvement qui
les porte à la rencontre lune de lautre .... Dans cette direction sannonce,'
il me paraît, la solution définitive du conflit Science-Religion." VII 427-428.
A propos de ce texte , nous ferons trois remarques :
l Lorsquon a cherché dans la Rible des solutions aux problèmes scientifiques que pouvait-on y trouver ?
Dabord les idées "scientifiques" communément admises au temps de la rédaction ou de la
re-rédaction du texte . Eb d une oertaino façon, on pourrait roprocbei aux sciences de ces temps-là les
inexactitudes purement scientifiques de la Bible et donc de la Foi,
conçue alors comme une fidélité scrupuleuse à la LETTRE INTEGRALE
de lEcriture sacrée. Remarquons ensuite que nous Jugeons encore
la Révélation du haut de notre science moderne actuelle - dont on
rira bien, quon le veuille ou non y avant très longtemps !
Lidée par exemple de Création conçue comme un commencement
total relève dune physique préhistorique, alors quil faudra
arriver à la concevoir comme un rapport dêtre permanent dont
malgré tout nous navons pas lhabitude . (Cours Teilhard p. 6)
Lidée de fin du monde est toujours évoquée dans un contexte
de destruction apocalyptique , alors que le " renouvellement de tout "
dont parle lEcriture pourrait être la " Montée de Dieu " dans les
esprits des hommes élucidant en commun le visage de Dieu (Teil. p.4)
Ne nous fions pas trop à notre seule IMAGINATION, influencée par nos
connaissances actuelles, pour croire avoir compris le donné de la Foi.
2. LE CONCORDISME a fait son temps . Cette manie de voir
dans la Révélation Biblique ce qui est à la mode scientifique de
chaque époque nest pourtant pas disparue. Lorquun cosmonaute se
vante de navoir aperçu, là-haut ni les sakés ni Dieu, on ne
sait ce quon doit plaindre davantage ': ou l'imagination religieuse
des russes ou de leurs popes, ou la, volonté de blasphème-puéril
de lorgueil dune science qui croit encore que ses progrès amenuisent Dieu lui-même,en propagandant ses fidèles !
3. Bien des savants modernes ont la Foi . Les scientifiques sont même plus
près de la Foi que les littéraires: dans notre enquête :Crois-
tu que tu croies ? 66 % de ceux qui ont continué leurs études scientifiques déclarent"
croire en gros ce que lEglise croit. Seulement 45 % des littéraires font la même profession de Foi . Pourquoi ?
-les scientifiques sont plus dociles au fait, leurs sentiments,
leurs opinions ont lhabitude de se plier aux raisons scientifiques ;
-les littéraires subissent davantage linfluence de leurs caprices intellectuels , prennent leurs
raisons pour la Raison !
- la science française nest plus antireligieuse , lhistoire lest encore beaucoup , et la philo.
lest aussi quelquefois .
CONCLUSION: Des interventions des Pères au Concile en octobre 64 nous citerons les passages suivants :
- R.P. Butler (7.10.64) - Spr des Bénédictins d'Angleterre- " N'ayons
jamais peur de la vérité scientifique, car elle ne peut pas , par
définition, aller contre la vraie foi . La Genèse n'est pas un livre de sciences, mais un livre religieux...
- LEglise a fini par admettre linexactitude scientifique de la
Bible ; elle avait considéré à tort comme de Foi le contexte scientifique des auteurs
... à quand la réhabilitation de Galilée ? (6.l0.64) En Oct.1992 !!
- Paul VI (5. 10. 64) : " Tout vrai savant est un ami pour
lEglise à qui aucune avancée du savoir nest
étrangère... Loin de craindre les progrès de la science, lEglise y applaudit..." 13