MARXISME ET FOI
Suite des " Sources de lathéisme de Karl MARX "
par le Père Humbert BIONDI
1. Son ressentiment de juif converti : méprisé par les juifs à
cause de sa conversion et par les chrétiens, parce quil demeurait de
race juive malgré sa conversion.
2. Son insatisfaction religieuse : les "piétistes" et leur culte ne lont
jamais impressionné. Ceux qui étaient " patrons" navaient pas
souci de la justice sociale ... et encore moins de la charité.(§ I)
3. Linterprétation matérialiste que Feuerbach donne de Hegel et
de toute la tradition idéaliste allemande, fait cesser aux yeux de Marx "laliénation
religieuse" " la mystification de la conscience ". "La religion des travailleurs
est sans Dieu, parce quelle cherche à restaurer la divinité de
lhomme." K. Marx . Lettre à Hardmann.
DISCUSSION DE LA THESE DE FEUERBACH sur " laliénation religieuse "
ou Valeur de lexpérience psychologique de Dieu chez les mystiques etc
Relire dabord au verso de la feuille 10 : la thèse de Feuerbach, sur
la religion et sur lorigine de lidée de Dieu dans lesprit de lhomme.
En somme : Feuerbach disait à Kant : Cette voix de ta conscience morale
qui tordonnait de faire le bien et déviter le mal, ce nest pas la
voix de Dieu en toi : cest un ensemble didées, de réglements que peu
à peu on ta inculqués... (fondement sociologique de la morale)
C est toi qui te parles à toi-même, et non pas Dieu qui te parle,
et par conséquent tu dois bien conclure qu'il n y a pas de Dieu.
2.Feuerbach disait à Fichte : Cette voix du Verbe que tu croyais écouter
en toi, ce ne sont que les plus nobles de tes idées que tu considères
comme supérieures à toi, comme étrangères à toi et devant 1esquelles
tu voudrais te prosterner... donc il ny a ni Dieu, ni Verbe !
3.Feuerbach disait aux idéalistes : " Rien ne peut exister que ce qui est
dans " la philosophie de l'avenir" 1843
dans l'esprit, dites-vous, rien nexiste que comme objet de la conscience", ( 152)
alors Dieu est la meilleure des pensées, mais nest qu'une pensée de notre esprit."
DIEU nest rien d,autre que larchétype et lidéal de lhomme" (148)
"Dieu est la somme de toutes les réalités et de toutes les perfections" (141) "Dieu existe bien,
mais c'est un être vide, une simple pensée " (153) " Dieu est notre moi, notre
entendement, notre être, mais ce Dieu-là nest quun phénomène de nous-mêmes, pour nous-mêmes, et
non pas DIEU EN SOI "(I53) "Dieu est lintérieur de l'homme révélé,
le soi de lhomme exprimé ; 1a religion est le dévoilement solennel des
trésors cachés de lhomme, laveu de ses pensées les plus intimes, la confession publique de ses secrets damour.("essence du christiannisme" de feuerbach
71) "Tu crois à l'amour comme à une propriété divine, parce que tu aimes toi-même, tu crois que Dieu est
un être sage et bon, parce que tu ne connais rien de meilleur en toi que la bonté et
lintelligence..."(78) "Pour enrichir Dieu, lhomme doit se faire pauvre ; pour que
Dieu soit tout,lhomme doit nêtre rien " 87
DIEU est le SOI aliéné de lhomme, objectivé, contemplé et adoré"
"essence du christiannisme" de feuerbach 93
A la Thèse de Feuerhach(I.2.3. au recto) on peut répondre :
1. certains des " réflexes moraux " lui viennent sans doute de ses éducateurs, mais lhomme
découvre en lui un sens du bien, le goût de lidéal (même seulement comme un remords ! ),
un désir une curiosite de Dieu que le milieu social ne lui a pas tjs suggéré (même en Russie
sans Dieu) : nous appelons cette action de Dieu " grâce actuelle " faute de mieux ! (premotio physica ?)
2 JUNG relire ses textes traduits par J.Decour :
"Ni la loi morale, ni lidée de Dieu, ni une quelconque religion ne sest jamais
saisie de lHomme de lextérieur...lhomme depuis lorigine
porte tout cela en lui " 276 -LH à la découverte de son âme -
Ainsi en tout homme,il y a dans sa conscience profonde, un
ensemble de sentiments religieux fondamentaux dont la méconnaissance ou le refoulement
produisent des ravages psychiques. (voir aussi "Psychanalyse de lathéisme contemporain" pls exemples)
3. BLONDEL (La Pensée 1934 - LAction 1893 - 1936 ) 77
- Dans notre pensée, il y a plus que notre pensée : " Sil nétait
destiné à la contemplation,1homme ne serait pas capable de
vie rationnelle..." Chacune de nos connaissances anticipe sur
une réalité ultérieure... laffirmation de linfini est comme
un besoin logique de notre raison.
- Dans notre être, il y a plus que notre être : nous naurions
pas le sentiment de notre relativité, si nous ne participions pas de quelque
réalité absolue et parfaite.
- Dans tout ce que nous faisons et voulons, ce qui veut et agit (vol.voulante)
demeure tjs supérieur à ce qui est voulu et fait (vol .voulue) : cet
élan naturel, incoercible, est plus que notre énergie mentale.
DANS L IMMANENCE DE NOTRE VIE (aspirations et énergies humaines) une
véritable TRANSCENDANCE PARTOUT SE REVELE : " Deus superior summo meo, Deus
interior intimo mea" (St Augustin) " Il y a en lhomme un désir congénital,
et pourtant humainement inefficace, de connaitre, dapprocher, de posséder
Dieu et la béatitude" Pensée II 338
4.BERGSON (Texte ds Jacob et Brunold : 227 (Deux sources ch.3) Comparaison des
données de lexpérience mystique aux récits des voyageurs et explorateurs dont les
témoignages concordants nous ont permis détablir la géographie des terres inconnues
auparavant. "Laccord profond -des mystiques entre eux - est signe d'une identité
dintuition qui sexpliquerait le plus simplement PAR LEXISTENCE REELLE DE
LETRE avec lequel ils se croient en communion."
" Si Marx avait continué à fouiller lhomme et la civilisation comme il avait fouillé
léconomie, le marxisme ne serait pas cette chose inhumaine quil est ( Emmanuel
Mounier) 11