LA RECHERCHE DE LA VÉRITÉ : Préliminaires |
RV.1 |
VISION D’ENSEMBLE SUR LA RECHERCHE DE LA VÉRITÉ |
par le Père Humbert BIONDI |
Toute option de recherche
oriente inévitablement l’esprit vers l’objectif particulier
qui correspond à ce choix, si bien que chaque système mental aboutit
à son type propre de vérité. La vérité
plénière ne peut donc être atteinte que dans la
convergence de plusieurs systèmes de pensées.
La Recherche de la Vérité tend essentiellement à la découverte
de la transcendance, que cette transcendance soit placée
en Dieu et/ou derrière la nature... Pourtant la Recherche de la Vérité
n’est pas uniquement destinée à justifier directement la
Foi : ainsi la Vérité, dans ses contenus scientifiques, pourra
suggérer à partir de la structure de l’univers ou de la
matière, une réflexion qui, par ricochet, orientera l’esprit
vers la question de la transcendance.
C’est pourquoi nous rechercherons la transcendance d’abord dans les systèmes
philosophiques, puis dans les réponses scientifiques aux problèmes
que soulèvent les mystères des origines de l’univers et les secrets
du cœur de l’Homme.
Il restera à réviser les approximations qu’ont formulées
les théologiens à partir des certitudes anciennes sur la Révélation
biblique et sur la nature du salut !
Enfin toute Recherche de la Vérité devra apprécier la valeur
de l’expérience mystique qui a l’avantage d’avoir existé en bien
des systèmes religieux, dans tous les temps et qui demeure même
à la portée des plus doués de nos contemporains !
Tout homme qui croit en Dieu doit comprendre qu’aucun
fait, aucun argument scientifique, historique ou philosophique ne peut contredire
DIEU.
Personne ne doit avoir peur des problèmes que posent les
adversaires de la Foi : cet affrontement entre les connaissances humaines et
notre Foi affine notre intuition religieuse, libère notre esprit de l’accessoire
et des fausses conceptions sur nos dogmes, et aussi nous permet souvent d’apercevoir
l’erreur ou le sophisme que dissimulait telle ou telle objection .
Raisonner la Foi : c’est le moyen de dépasser la Foi aveugle,
spontanée de l’enfant - ou de l’attardé dans ses complexes
- . On doit passer de la Foi d’enfant, qui croit par ouï-dire, par
confiance en ses éducateurs, à la Foi d’adulte qui croit
parce qu’il a su trouver - ou se faire donner - les réponses aux
pourquois de sa Foi, et qui croit par confiance en Dieu.
Nul ne peut croire s’il ne fait reférence fréquente aux
RAISONS QUE NOUS AVONS DE CROIRE : seule l’étude toujours poursuivie,
au fur et à mesure que s’enrichit notre savoir humain, permet,
non seulement de garder , mais de renouveler perpétuellement l’ardeur
de sa Foi , et par des aperçus toujours plus vastes, d’édifier
une synthèse personnelle toujours plus riche pour soi, et enrichissante
pour les autres.
Mais à la rigueur de la froide raison, aux déductions logiques
des raisons de croire seulement intellectuelles, il faut associer les éclairs
de l’intuition spirituelle : seul un climat intérieur d’attention
à Dieu permet d’abréger de trop longues argumentations.
L’homme de prière atteint par expérience directe la connaissance,
le "goût de Dieu " qui donne plus de certitude et plus
de joie qu’une savante dissertation.
La Foi est Grâce dit-on souvent, comme s’il fallait l’attendre
sans rien faire : elle est facile aux voyants, à ceux qui ont le sens
poétique, à ceux qui ont les yeux ouverts au surnaturel, "
les yeux de la Foi " : C’est un état d’âme d’accueil,
d’attente, de désir de la vérité : cette tension
vers la vérité qui est déjà une prière que
notre esprit adresse au Verbe !
Enfin, nous ne sommes pas seuls. Tant d’autres ont cru avant nous ! Serait-il
possible que les esprits religieux de tous les peuples et de tous les temps,
les mystiques, les prêtres, les saints, les ascètes de tous les
cultes, que tous ceux qui ont découvert les richesses de la prière,
SE SOIENT TOUS TROMPÉS ET TOUS DE LA MÊME FAÇON quand ils
croyaient trouver Dieu au bout de leur effort ? Etaient-ils inintelligents,
tous ? ou tous de mauvaise foi ? Menteurs, cupides ... d’argent ou de
pouvoir ? Est-il possible de suspecter Fs Xavier, Vincent de Paul, Don Bosco
?
Croyez-vous que vos prêtres ne se soient pas posé vos questions
avant vous ? qu’ils se soient engagés sans avoir réfléchi
, qu’ils sont là, "pour vendre leur camelote"...sans
payer de leur personne pour pouvoir en témoigner ? S’il est donc
bien légitime d’analyser nos raisons de croire, il n’en est
que plus utile d’étudier LES RAISONS DE CROIRE DES AUTRES... En
particulier le témoignage de Foi que nous donnent les spirituels des
autres religions, et surtout le témoignage de Foi des auteurs inspirés
dans la Bible méritent une extrême attention, non seulement du
point de vue purement intellectuel - comme pour n’importe quel témoignage
-, mais encore du point de vue du chrétien qui révère la
Bible comme PAROLE DE DIEU . (Ce que cela veut dire mérite évidemment
aussi une explication)
La FOI ne doit plus être considérée comme un "don"
qu’on a, ou qu’on n’a pas, ni comme une vieille chose à
laquelle on serait sentimentalement attaché sans savoir pourquoi ...
La Foi est le fruit d’une conquête patiemment entreprise contre
les puissances du scepticisme ambiant, contre notre négligence trop naturelle
; et cette conquête doit constamment être surveillée sur
ses frontières ... car insensiblement mais inévitablement, sans
un vrai effort, elle serait grignotée !
Bien qu’il soit raisonnable de croire, il n’est pas naturel de croire,
ni évident puisque tant de gens ne croient pas ou ne croient plus. L’objet
de la Foi est en effet surnaturel : que l’homme puisse être une
sorte d’incarnation de Dieu, que ce monde tente à devenir une sorte
d’incarnation collective de Dieu, il faut le comprendre avant d’en
avoir envie ! Aveuglé par les nouveautés techniques l’homme
qui ne les domine pas ne peut pas voir à quoi elles tendent : cet avenir
où les formes de l’art, de la pensée et donc de la religion
auront plus de place que le souci de manger ou de jouir seulement animalement.
Appâté par ses appétit charnels et autres, l’homme
ne peut pas savoir, ni désirer, d’autres formes de plaisir. Le
temps même manque à celui qui a le souci de faire vivre les siens.
Seule pourtant une heure de retraite permet de se mettre à l’écoute
de Dieu, de dominer nos agitations et d’apercevoir comment cela doit finir,
vers quel aboutissement moi et le monde nous nous précipitons. La foi
alors c’est la plus optimiste façon d’envisager les progrès
du savoir humain et l’avenir de l’homme !