QU'EST - CE QU'UNE RELIGION ?
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LES DIFFÉRENTS TYPES DE PRIÈRES
par le Père Humbert BIONDI

Depuis toujours un même instinct spirituel a poussé les hommes à la prière : c’est une valeur universelle que la prière. Alors que les rites et les sacrifices différent entre les religions, en chacune d’elles se retrouve LA PRIÈRE comme l’effort de l’homme et comme la, condition mystérieuse à une plus grande connaissance de Dieu.
En réalité, sous cette impression de ressemblance entre les formes de prières de toutes les religions, se dissimulent des différences fondamentales quant à celui auquel s’adresse la prière ou quant au but recherché par celui qui prie. Distinguons-les pour mieux juger.

1. LA PRIÈRE ADRESSÉE A LA DIVINITÉ DANS UN BUT EGOISTE
C’est la forme la plus universelle de la prière. Que l’homme cherche à préparer une chasse fructueuse, une guerre profitable , il a toujours voulu se concilier le Destin, la Fortune ou fait bénir ses drapeaux !
La prière de demande est le type le moins religieux de prière - bien qu'elle soit légitime - Elle oscille entre la religion-commerce-contrat de Rome à ces conceptions de la divinité tutélaire de la Ville, de 1a Nation ou de la race (dieux germaniques), race toujours élue (Israël).
Ce quasi-contrat qui lie des hommes à UN dieu donné a diversifié les noms de la divinité, les clergés, les mythes , les rites sacrés .
La prière de remerciement , bien que plus rare et plus raffinée, appartient au même type de prière que la prière de demande . Elle en est d’ailleurs la conséquence assez logique !

2. LA PRIÈRE ADRESSÉE A LA DIVINITÉ PAR CURIOSITÉ SACRÉE La prière est la condition mystérieuse d'une plus grande connaissance de Dieu : Dieu s’expérirnente en effet par la prière. L’égoisme de l'homme n’est pas absent de cette recherche. En réalité ce type de prière est heureusement- associé au type 3).
Prière d’adoration et de louange qui s’adresse à la Beauté entrevue une fois ou l’autre , cette prière-curiosité est celle du prophète et du mystique : Elie , Moise et autres ont connu ces moments-là , sortes de temps morts entre deux actions prophétiques où l’homme inspiré se prend à penser pour soi , voire à douter , et demande à Dieu la consolation de Sa Révélation : ” Je voudrais Te voir " gémissent Moise et Elie.
C’est la marque d’une vraie relation de Dieu à l'Homme que la découverte au moins partielle de Dieu par ce type de prière : Est-ce illusion?
Serait-il possible que depuis l’origine de l’homme, tous les esprits religieux de tous les peuples, que tous les prêtres de toutes les religions se soient tous trompés, et tous de la même façon, quand ils croyaient trouver Dieu au bout de leur effort de prière ? Ce seraitent à désespérer de la capacité de l’homme de connaitre QUOI QUE CE SOIT !
(voir dans la suite la critique de Feuerbach et les réponses possibles)

3. LA PRIÈRE ADRESSÉE A LA DIVINITÉ COMME OBLATION DE SOI
Plus rare est ce type de prière par état et presque plus par acte : dans les religions anciennes quelques génies religieux y ont atteint. Dans les religions supérieures seulement elle n’est plus l’exception. C’est le secret de la VOCATION sacerdotale ou religieuse (hom.ou fem) que cet acte dans lequel l’individu conçoit que la forme que doit prendre son adoration va JUSQU’A L’OBLATION DE SON AUTONOMIE ... à Dieu. L’exemple absolu en est l’homme-Jésus, dont on dit que sa personnalité humaine, dépouillée de sa ”subsistence propre ”, est assumée par le Verbe de Dieu. Quiconque alors fait démission de soi, (nul n’y arrivera à la façon de Jésus), pour s'offrir filialement à l'intrusion de Dieu dans son ’moi” et dans le détail de la vie, se trouve en communion à Dieu, comme le Christ-Homme est uni à Dieu. Quiconque atteindrait à CET ETAT serait une sorte de : réincarnation du Christ Le ”total” de ces incarnations est le Christ-total : c’est l'Eglise idéale .. dont font partie peut-être des êtres „. généreux qui se croient d'une autre religion ... dont ne font pas partie sans doute des chrétiens paisibles, rassurés par des rites où ils n'ont pas cru devoir se livrer eux-mêmes. sans référence à un dieu

4. LA PRIÈRE COMME SUPREME RÉALISATION DE SOI (sans aboutissment dans Elle sera juste mentionnée ici, car ce n’est pas une ”prière” à proprement parler : elle s’adresse non à un Dieu au-dessus, au dehors de soi, mais au ”SOI”, parcelle quasi divine et universelle en moi. Comme l’esprit est la fleur de la matière, le Soi est la fleur des esprits : c'est une sorte d'émission de super-Esprit : un dieu panthéistique, mais qui ne se manifeste que dans l’homme qui Y pense . Est-ce ”l’essence de l’homme” que l'homme OBJECTIVE comme le prétend Feuerbach ? Il ne s'agit pas du Dieu des religions, même pas de Brâhma. (voir plus loin la discussion ardue de ce point particulier). NOTEZ QUE SI A CETTE "PRIÈRE" S' ASSOCIAIT UN SOUCI DE "POUSSER LES AUTRES" PAR CE MOYEN CE SERAIT ACCEPTABLE ...

5. LE DEGRÉ SUPREME DE LA PRIÈRE : L’ACTION EN UNION A DlEU Le type précédent dispensait d’agir autrement que par la pensée : c’est la faiblesse des rel igions orientales : elles engendrent 1e NON-AGIR. Elles semblent mériter le reproche d’être ”l’opium”, le frein au mieux-être, à l'activité humaine... industrie.. travail .. Ce sont des religions totalement opposées à la Religion de la Terre, Monde • L'action en UNION à Dieu est illustrée par les types bibliques : le prophète est le porte-parole et l'agent d'action de Dieu prophètes, Rois (Samuel, David) et aussi par les saints parvenus au"mariage mystique" : Thérèse d'Avila agit comme instrument de Dieu . D'UNE FAçON NORMALE TOUTE VRAIE VIE CHRéTIENNE se rapproche de ce type.

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