Il est presque incroyable qu'un dogme aussi clairement
établi que la Trinité ne serve pratiquement à rien
pour la vie de la plupart des fidèles qui se croient catholiques.
On garde en mémoire les formules du catéchisme de son enfance
: "un seul Dieu en trois personnes", on se représente la
Trinité comme un tri-angle vaguement équilatéral ...on
récite le "Notre Père ", mais on n'a jamais prié
directement le " VERBE " et à peine plus le SAINT ESPRIT.
Est-ce suffisant ?
I RAPPEL DES AFFIRMATIONS DOGMATIQUES SUR LA TRINITE
a) Sans entrer dans le détail de l'évolution de 1a doctrine de
la Trinité, il faut savoir que l'Eglise a toujours affirmé en
Dieu :
- UNE nature, une essence, une substance et cela afin d'affirmer absolument
qu'il n'y a qu'UN ETRE DIVIN ;
- mais d'autre part d'innombrables expressions ont souligné que nous
devions reconnaitre en Dieu TROIS ... réalités appelées :
1. " persona " ce qui signifie " personne" mais d'abord " masque
de théâtre " ( le même mot en grec = masque, présence d'un être)
2. " Subsistentia " = " réalitéprofonde "
par opposition à "apparences" (le même mot en grec a. donné
la traduction littérale" Hypostase " dont le sens "ce qui soutient
par en-dessous" pourrait être traduit par "substance" si cela
ne prêtait à confusion : le latin distingue, en effet substantia
et subsistentia.) Là-dessus : voir Concile de Latran en 649 (D-254)
Il faut donc retenir qu'il y a trois présences d'un même Etre ,
ce qui entraine qu'il y a TROIS façons d'être attentifs à
Dieu .
b) Sur notre manie de forcer la division de Dieu en trois personnes, revoir
la feuille 6 : I1 n'y a en Dieu qu'une seule intelligence et non trois , une
seule volonté et non trois parce qu'Il n'est qu'UN. En Dieu la parfaite
simplicité dans l'Etre, comme dans l'agir, s'oppose à toute propriété
exclusive d'un pouvoir d'action de chaque "personne". St Cyrille d'Alexandrie
écrivait (Concile d'Ephèse contre Nestorius 431) : " C'est anéantir
le glorieux mystère de la Trinité que de procéder à
à un partage de l'une quelconque de ses oeuvres et d'attribuer à
chacune de ses hypostases (personnes) ce que ne fait pas une autre"
APPLICATION PRATIQUE :
Remarque sur l'action du VERBE en Jésus-Homme : des études
théologiques récentes ont souligné que Jésus sur
la plan PSYCHOLOGIQUE se trouve en "tête à tête" avec TOUT
DIEU (l'homme face à face avec Dieu ) : "Dieu le Verbe en tant que Verbe
n'exerce sur la nature humaine qui lui est subjointe aucune emprise rationnelle,
aucune activité qui ne soit celle du Dieu Trinité " ( P.Seiller
citant Duns Scot et P.Galtier) L'Humanité de Jésus est l'instrument
du Verbe dans l'ordre Ontologique ; et non dans l'ordre psychologique : la personne
de Jésus a la subsistence de celle du Verbe : Jésus se sait Dieu
par union personnelle au Verbe. Sur le plan de l'action, Jésus-Homme
agit avec Tout Dieu.
II LA REALITE FONCTIONNELLE DES PERSONNES DIVINES
a) Le PERE : En lisant l'Évangile, il est frappant de constater
, à la lumière de ce qui vient d'être dit , que , dans la
plupart des cas, lorsque Jésus prononce le mot "Père", ce
mot désigne TOUT DIEU par opposition à Jésus-Homme. Prenons
quelques exemples :
- " Père, s'il est possible, que ce calice (de souffrances) s'éloigne
de moi(ce moi ne peut désigner que Jésus-Homme), mais qu'il soit
fait non selon ma volonté (d'homme), mais selon la tienne (divine) Matt.26
39 = Luc - " Le Père agit , et moi aussi j'agis" - " Je fais
toujours ce qui Lui (au Père) plaît" - " Ne saviez-vous pas
que je dois être aux affaires de mon Père (ou auprès de
mon Père") Luc 2 49 (ce texte souligne que la
conscience " filiale" de Jésus est entière dès son
enfance sans avoir eu à évoluer ensuite) >- "Quant au Jour
(de la fin du monde) personne ne le sait, pas même le Fils (en tant qu'homme),
si ce n'est la Père seul" Matt 24
36
APPLICATION PRATIQUE : A quoi, donc doit correspondre pour notre prière,
comme pour Jésus, l'idée que Dieu est NOTRE PERE ? {Voir Note)
Pour Jésus : " le Père " désigne cette
réalité spirituelle, rayonnante munificente (c'est à dire
distributrice de soi perpétuellement), qui diffuse l'être sans
arrêt, sans limite, sans calcul, sans égoisme évidemment
dont Jésus-Homme perçoit parfaitement qu'il tire son origine à
ts pts de vue. Pour nous : Nous devons savoir aussi que tout en nous
vient de ce Père. De là doit provenir en nous un état intérieur
d'humilité vraie, fait de dépendance, d'attente, de confiance
filiale en sa bonté : nous ne sommes que des hommes et pourtant Dieu
veut nous associer à quelque chose de Sa Vie que nous n'aurions jamais
atteint par des efforts même surhumains.
Pour Jésus : par une attention VOLONTAIRE de son être humain
au Père présent Jésus-Homme emmagasine dans ses heures
et ses nuits de prière, ces énergies surprenantes qui sont la
source de ses miracles. Si Jésus-Homme, bien qu'il fût Dieu, a
trouvé nécessaire de prier, comment pouvons-nous penser qu'il
nous soit possible de comprendre quoi que ce soit de ce que croyons sans nous
référer intérieurement au Père dont la présence
spirituelle en nous est SOURCE D'ÉNERGIE.
Pour nous : sachons faire attention au Père présent en
disant : " De toutes les forces de mon être, ô Père, comme
Jésus, j'aspire à Vous ! " ou encore " Père je voudrais
vous aimer (curiosité, désir de possession etc) de tout mon coeur,
de toutes mes forces, de tout mon esprit etc..." voir Luc
10-27
Pour Jésus comme pour nous : Jésus entrevoit cette présence
du Père comme la source de toute perfection : " Soyez parfaits comme
le Père céleste est parfait " : si nous devons conformer notre
volonté à Sa volonté, nous devons espérer son secours
moral (la grâce actuelle comme soutien de nos volontés ).
NOTE: A notre époque Jésus eût employé aussi bien
le mot "Mère" pour nommer cette réalité spirituelle
dont nous tirons notre origine, Lui comme nous.
7 |
|
b) le FILS : Rappelez-vous dabord ce que nous disions au bas du recto
de la page 7 : Jésus Homme est Fils en un mode
exceptionnel : ontologiquement relié au Verbe (la subsistence
de sa personne humaine est remplacée par la subsistence du
Verbe). En tant que Verbe, 2ème personne de la Ste Trinité,
il est aussi appelé "FILS". Jésus lui-même exprime cette idée
de filiation particulière dans des phrases comme : Je monte vers
mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu(Jean
20 17). Cependant, même ici, nous retrouvons la preuve que le Je
de Jésus est dordinaire le Je humain (sil dit
mon Dieu cest lhomme qui parle): le problème
est donc d'apprécier létendue de ce "Je... qui donc
parle lorsque Jesus dit: JE
1. Textes où le JE" correspond à "Tout Dieu ou
au FILS ETERNEL
Avant quAbraham fût, je suis Jean
8 58 (notez que "je suis" c'est le nom que Dieu se donne devant Moïse)
Père, vous m'avez aimé avant la constitution du monde" Jean
17 24
Père glorifiez-moi de la gloire que j'ai eue en Vous, avant que
le monde fût " Jean
17 5
Nous devons considérer comme analogues à ces textes, tous ceux
où Jésus s attribue des prérogatives divines :
- pouvoir de remettre les péchés
- droit de dispenser du repos du sabbat
- Je suis la VIE , je suis la résurrection, (Jean
11 25) la Lumière du monde, je suis la voie, je suis la vérité
etc...
- Il y a ici quelquun de plus grand que le Temple Matt.
12 6
- "Il y a ici quelquun qui est plus que Salomon" Matt.12
42
2. Textes où Jésus se manifeste comme Fils de Dieu"
Pourquoi, dites-vous à celui que le Père a sanctifié
et envoyé dans le monde, "Tu blasphèmes" parce que jai dit
:" Je suis le Fils de Dieu Jean
10 36
- Es-tu le Fils du Dieu béni ? - " Vous le dites, je le suis
Luc
22 70
Nul ne connait le père si ce nest le Fils Matt. 21 27
Le père et moi nous sommes un Jean
10 30
Remarquons au passage que le Fils désigne aussi bien le Fils étemel
que le Fils-Jésus-Homme dans les textes ci-dessus.
3. Textes où le Fils désire plus ou moins expressément
Jésus-Homme
(dabord tous ceux que nous avons cités sur la page 7
au § Père) Philippe celui qui me voit, voit aussi
mon Père"
ce me = Jesus-Homme Père = Tout Dieu Celui qui croit en moi(comme
Dieu) ne croit pas en moi (comme homme) mais en celui qui ma envoyé"
Jean
12 44 Si quelquun maime, mon Père laimera
et nous viendrons en luiJ
14 23
4. Que penser des textes où revient lexpression FILS DE LHOMME"
?
origine : Cest un texte du prophète DANIEL.
(7 13 et 14) que Jésus sest attribué , qui annonce la
venue " sur les nuées, d'un FILS dHomme, A lui fut conféré
l'empire, honneur et royaume... son empire est empire à jamais et son
royaume ne sera point détruit"
Cet homme dépassant mystérieusement la condition humaine, et qui
sidentifie (dans la suite du texte) aux saints (voir § 5) cest
le Messie, ainsi que la toujours compris lensemble des interprètes
de ce texte. Le Fils de lHomme est pas venu perdre
les âmes, mais les sauver" Luc
9 56 "Si vous ne mangez la chair du Fils de lHomme ...vous
naurez pas la Vie en Vous Jean
6 54 Au jour du renouvellement le Fils de lHomme sera,
assis sur le trône de sa Gloire, et vous aussi vous siégerez pour
juger..." Matt.19
28
Le terme correspond donc à lhumanité de Jésus souffrante
ou glorifiée, tout en exprimant curieusement sa médiation entre
lhomme et Dieu.
5. les textes sur la médiatio n de lhumanité de Jésus
"Il n'y a pas d'autre nom (Jésus) par qui nous puissions être Sauvés
Act.4 12 Le Père ne juge personne, mais il a remis au
Fils le pouvoir de juger" Jean 5 22 "Tout pouvoir ma été
donné au ciel et sur la terre Matt-28:18 Bien souvent,
observe Karl Adam (Le Xt notre Frère) la piété catholique se
comporte comme si lHumanité de Jésus et sa médiation
n'existaient pas. On voit dans la personnalité du Christ, uniquement
le divin (Verbe-Logos). On ne voit pas assez son côté humain, son
rôle de médiateur.Cette encourageante formule PAR NOTRE SEIGNEUR
JESUS CHRIST on y croit, on la répète en priant, mais on
nen pénètre pas tout le sens. Et les saints, dans la dévotion
de beaucoup, ont pris la place du Christ-homme, alors que les saintes , y
compris la Vierge, intercèdent PAS LUI et ne peuvent faire autrement.
" En effet , Jésus comme Homme, comme individu humain, se trouve placé
entre Dieu et les hommes , d'abord à cause de ce rôle de médiateur
qui lui a été divinement assigné , et surtout à cause
de son mode d'être : cest à dire à cause de son état
de subjonction physique transcendantale à Dieu Verbe. Bien mieux : voici
la raison de notre rattachement à Jésus en tant quHomme :
la personne de Jésus nest pas, comme la nôtre incommunicable:
comme sa subsistence humaine-proprement incommunicable- a été remplacée
par la subsistence du Verbe, son humanité est, de ce fait, devenue largement
communicable , comme Dieu même. Nous entrons donc en Jésus,
il vient en nous - comme Daniel lavait entrevu - nous formons
en Lui une seule réalité spirituelle : le Christ total, Xt mystique,
le Corps mystique du Christ, lEglise . Nous-sommes , à notre mesure,
relativement assumés par le Christ , comme il est assumé par le
Verbe-Normalement, malheureusement, cela reste sur le plan ontologique, et
ne passe pas, ici-bas, au plan psychologique ... tout comme, en Jésus,
son âme humaine, en sa psychologie consciente, ne s'identifie pas avec
la pers .div.
8
|
|
| 6. différentes façons
de comprendre la médiation de l'humanité de Jésus (revoir
§ 5 p.8)
- " Je suis la porte , qui entrera. par moi, sera sauvé Jean
10-2
Ce premier sens classique souligne la signification de la communion eucharistique
: le sacrement est à la fois signe et réalisation de la. commune-union
des chrétiens entr'eux, et signe et réalisation de lunion
intime de chaque croyant avec le Christ et, par Lui, avec Dieu.
- lEcole française de spiritualité utilise et explique des
VOEUX DE SERVITUDE à Jésus (et à Marie) rédigés
par le Cardinal de Bérulle en I617-1620, repris un siècle après
par St Grigion de Montfort, voeux par lesquels lhomme fervent soffre
à Jésus - Homme - Dieu afin de sunir à son Humanité
déifiée et, en quelque façon, afin de jouer ici-bas son rôle
de louange, de sacrifice, daction apostolique ... C'est vraiment la
réalisation de la formule : " Jésus nous sauve de ne devoir être
que des hommes - p.5-(= être homme à la plus haute puissance
! )
- ces deux idées sharrnonisent dans lespèce de consécration
de l univers que le Père Teilhard de Chardin annonce après
lavoir entre- vue à partir de la consécration eucharistique
de la matière du pain et du vin : toute la création, par lhomme,
trouvera sa signification dans son union à Dieu (cf. St Paul La
Création attend la Rédemption ...) Afin de réagir
contre la notion très précise de l'EGLISE que ce thème de
la médiation de lHunanité du Christ entraine : Fichte (+
en 1814) a voulu rouvrir le libre chemin de Dieu en permettant à nimporte
quel croyant, mystique, même non-chrétien, en écrivant Le
Verbe devient la subsistence dune personnalité humaine conscience
EN TOUT HOMME QUI sacrifie toute sa vie humaine à la vie divine en
soi (cest le thème de "si vous ne devenez comme de petits
enfants" ... et de qui voudra sauver sa vie, la perdra") . Rien que
cette idée ait eu des conséquences très graves- (si tout
le monde est une incarnation divine, plus personne ne lest en réalité,
car cela revient à divini-ser la vie humaine et à nier tout surnaturel
véritable) : Hegel, Feuerbach... .Marx et son matérialisme sont
fils de cet idéalisme ! rien nempèche cette intuition
de Fichte d'exprimer quelque vérité pour les croyants authentiques
qui font démission volontaire de leur liberté et autonomie spirituelle
pour nêtre plus agis que par Jésus : cest au fond
la cas du prêtre qui donne les sacrements ou de tout chrétien
qui laisse jaillir de ses lèvres la prière du Fils à son
Père. IL IMPORTE en somme de comprendre que le Christ n'est pas seulement
un modèle, un PROFESSEUR D'ENERGIE, mais quIl est ENERGIE DE
DIEU EN NOUS.
c) le SAINT ESPRIT Le
Divin oublié comme on l'a appelé, lEsprit-Saint
mérite-t-il de nêtre enseigné et prié quau
moment de la Pentecôte ... et négligé ensuite ? Dès
le début de léglise , il est le remplaçant du Christ,
la grande puissance active qui crée et coordonne léglise
naissante, au point que les Actes des Apôtres sont une sorte d.Evangile
de lEsprit. Cest là qu'on lui donne le nom d'Esprit
de Jésus" (Act-16-7
) et peut-être de grâce de Jésus-Christ" qua
retenu mieux que nous léglise dOrient . Les premières
liturgies qui nous soient conservées demandent instamment au Christ
et au Père de nous envoyer leur don " , lEsprit Saint,
objet des promesses divines tout au long de lhistoire du peuple de
Dieu . Ainsi lEsprit Saint na pas toujours été méconnu,
même si son égalité avec le Père et le Fils na
été soulignée que fort tard, et son rôle dans notre
salut a été exprimé en termes admirables et définitifs
dès St Jean et dès St Paul. Cest en effet l'Esprit de Dieu
qui fait de nous des Fils de Dieu, qui nous façonne des âmes filiales,
par Lui nous pou-vons crier Père (Rom. 8 14 ) . Il
est en somme l'ENERGIE DE DIEU en nous, lENERGIE de Jésus communiquée
à notre humanité.
1. Les noms de lEsprit
Saint
- PNEUMA : (spiritus en latin) le mot français Esprit"
ne rend qu'un aspect : le Pneuma évoque le vent et la tempête,
lhaleine et le souffle : il exprime lâme dun être
vivant, et parait dabord synonyme dincorporel, de divin, opposé
à matériel ou à humain. Il est Dieu par opposition à
la créature Nier l'Esprit, c'est nier Dieu "Le péché contre
l'Esprit ne sera pas remis", il est le fécondateur des eaux primordiales
et sa présence en la Vierge Marie lélève en une étrange
communion au divin qui la rend capable dêtre Mère dun
Dieu.
Notons au passage que la théologie grecque voudrait voir Marie déclarée
'incarnation du St Espritcomme Jésus a été déclaré
incarnation du Verbe !) Le Pneuma est vie et mouvement à 1'intérieur
de la. Trinité, il est force irrésistible , organisatrice dans
la création, infiniment libre et infiniment bienfaisante, il est souffle
de feu vivant et vivifiant .
- LE PARACLET : la racine, cest "appel", doù le
sens de réponse à appel. On traduit très pauvrement
par secours , consolation , ce qui serait mieux exprimé, eu égard
à ce qui précède, par excitant , stimulant, ENERGIE Cependant
le sens d Avocat a prévalu à cause de la phrase
où Jésus dit : Lorsquon vous conduira pour vous livrer,
ne pensez pas davance à ce que vous direz, mais ce qui vous sera
inspiré à lheure-même , dites-le" (Marc
13 11 ) et " je vous donnerai moi-même un langage et une
sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront ni contredire ni
résister (Luc
21 15).
Remarque : De même
que Jésus a été conçu du St Esprit, avec l'aide de Marie
la vie spirituelle profonde et vraie veut mêmes racines . Les Apôtres
ont reçu aussi, lEsprit en "persévérant dans la prière,
dun même cœur avec Marie (Act.
I-14) Pouvons-ns trouver lEsprit en dédaignant ces CONDITIONS ?
9
|
|
fin de c ) le SAINT ESPRIT
l. les noms du St Esprit voir page 9
2. le rôle essentiel de JESUS dans le don de lEsprit aux hommes
:
Je prierai le Père et Il vous donnera un autre Paraclet pour
quil demeure toujours avec vous" Jean 1414 (remarquons que
Jésus se met en parallèle comme secours ou stimulant .. avec
le St Esprit :"un autre" ! )
Si je ne men vais pas, la Paraclet ne viendra pas en vous,
mais, si je men vais, JE VOUS LENVERRAI Jean 167
La querelle entre Cath-Romains et orthodoxes porte sur le Filioque
- sur le point de savoir si le St-Esprit procède du Père ET
DU FILS : le Patriarche Athénagoras a déclaré ces jours-ci
Allons-ns prétendre que le St-Esprit ne procède pas du
Fils ? Il procède du Fils aussi !.
Le Pa.raclet, l'Esprit Saint que le Pèpe enverra EN MON NOM,
vous enseignera ttes choses et vous rappellera tt ce que je vs ai dit
J.14-26
Lorsque lEsprit de Vérité qui procède du Père
( et que je vous enverrai de la part du Père ), sera venu : il rendra
témoignage de moi (Jean 15 26 ) : autrement dit : lEsprit
St doit nous faire comprendre la mystérieuse personnalité du
Christ... et même nous assimiler à Lui .
3. le rôle de l'Esprit dans notre assimilation/incorporation au Fils
Dieu a fait surgir son Fils ... pour que nous en recevions ladoption
des Fils..; et en tant que vous êtes des Fils, Dieu a envoyé
dans vos coeurs lESPRIT DE SON FILS qui crie : Père,
Père ! Paul aux Gal.4-6 Si lEsprit de Celui qui
a ressuscité Jésus des morts, habite en vous, Celui qui a ressuscité
Jésus des morts donnera aussi la vie à vos corps mortels, parce
que son Esprit habite en vous" Paul aux Rom 8 11 ..." Ceux que pilote
lEsprit de Dieu , ceux là sont fils de Dieu ... 14 "vous
avez reçu lEsprit qui rend fils en lui ns crions : "Père
16 Cet Esprit-là rend témoignage à. notre esprit que ns
sommes enfants de Dieu Romains 8 -16
"Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du St Esprit , qui est
en vous, et que vous tenez de Dieu, et que vous ne vous appartenez plus
? Paul ds l COR.6 -20 "Dieu est amour ... celui qui demeure dans lamour
demeure en Dieu et Dieu en lui: à ceci nous reconnaissons que nous
demeurons en Lui et Lui en nous, cest quIl nous a donné
de son Esprit" 1ère lettre de Jean versets 13 et 16 du chapitre 4
Cest St Augustin qui a introduit dans la théologie lidée
que le St Esprit procède du Père et du Fils "per modum amoris
(à la façon d'un amour) : l'Esprit St , par suite est le don
damour que le Père fait au Fils et que le Fils rend au père
: Ainsi lamour de Jésus pour le Père est celui du Fils
pour le Père , non des paroles , non des prières, mais une personne
divine ; dans une certaine mesure celle de notre identification au Christ)
notre amour pour le Père participe à celui de Jésus. Le
Pape Pie XII soulignait lui-même que nous devions participer
de très près aux relations des personnes divines .
CONCLUSION GENERALE : Les développements du dogme de la Trinité
au cours de lhistoire ont commencé tard ... cest surtout
la spéculation trinitaire psychologique de St Augustin. qui, en voulant
tout expliquer par lanalogie de lEsprit St avec la volonté
ou lamour , a multiplié les difficultés de linterprétation
du rôle du Fils . De là vient une bonne part de
la querelle, encore actuelle, avec les orthodoxes, à propos du
Filioque .
Retenons après tout, en dépit même de ce qui s enseigne
parfois, que le dogme de la Trinité ne nous renseigne pas tant sur
Dieu en lui-même, que sur Dieu par rapport à nous, et surtout
par rapport à son INCARNATION HUMAINE, le Christ Jésus. Cest
toute lactivité intellectuelle, volontaire et spirituelle de
Jésus-Homme , dans ce quil faut tout de même bien appeler
sa personnalité humaine pratique et concrète " ((par opposition
à sa personnalité ontologique, à sa subsistence, qui est
asile du Verbe)), qui trinitise Dieu
C'est certainement là une des clefs du "mystère de la
Trinité .
Mais nous pouvons ajouter , en corollaire, que notre activité spirituelle,
intellectuelle et volontaire TRINITISE aussi Dieu qui est UN, selon les
différents moyens , selon les différentes attitudes d'âme,
par lesquels nous nous adressons à LUI, par lesquels nous lions con-naissance
avec LUI.
- Dans la mesure où nous développons en nous lesprit de
dépendance, de filiation . . . . envers Dieu, nous sommes Fils mais
nous l'appréhendons comme Père ... D'une certaine façon
nous con-naissons à Dieu-Père, par notre faculté de création,
dinvention, dinitiative, comme Dieu-Père est le POETE
(au sens grec de ποιητης ) de lunivers
.
- Dans la mesure où nous développons en nous notre intelligence
- surtout celle des desseins de Dieu et de son action sur le monde - et
nos facultés de contemplation, de vision concrète de Dieu derrière
les gens et les événements, nous con-naissons à Dieu Verbe.
Dans cette mesure aussi où nous adhérons à Jésus-Christ
en renouvelant en nous la démission de notre "moi devant le
tout de Dieu , avant de revivre quelques-uns des épisodes ou attitudes
spirituelles de sa Vie.
nous con-naissons à lEsprit-Dieu par notre opposition
au matérialisme, sous ttes ses forrnes, et par notre adhésion
confiante, volontaire, aimante, au mouvement vers lesprit pur, au
devenir spirituel de lévolution créatrice, moment où
l'humanité devenue le Christ total, ressuscitée verra - sera
- Dieu .
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