" Réalités spirituelles "

R.S. 2

LES ETAPES DE L'ADHESION INTERIEURE DE FOI A DIEU

Celui qui veut découvrir la vérité de Dieu doit, au moins espérer initialement qu’il y parviendra : Newman dans sa ”Psychologie de la Foi" dit ”Il y a deux classes d’hommes : l'un court au devant de la vérité, l’autre s’imagine que la vérité doit venir le chercher. L’un cherche à s’assurer que Dieu a parlé, l’autre attend qu'on le lui prouve...et n'a nul souci de s’assurer de la vérité. Ce n'est pas un homme qui cherche la vérité, il négocie , il marchande, quand il devrait prier pour obtenir la lumière.”
Il semble même que ce ne soit pas seulement au début de la vie spirituelle que soit requis cet acte de volonté pour adhérer à Dieu. Les existentialistes chrétiens ont souligné qu’au terme de tous leurs raisonnements logiques, alors que l'esprit saisit la légitime harmonie des données de la Foi avec les déductions de la raison, il fallait tout de même faire un "sal to mortale”(saut de la mort) c'est à dire se décider volontairement à croire. C’est d'ailleurs la preuve psychologique de notre liberté de croire
A partir de cet instant ”l’optique" de notre esprit réorganise tout son savoir en fonction de cette option fondamentale : et notre synthèse intérieure gagne en clarté, en logique. Toutes les expériences spirituelles sont maintenant possibles : le perfectionnement moral devenant le préambule à la découverte mystique - non pas tant qu'il soit indispensable d’être moral pour être mystique (les quiétistes ne l’étaient guère), mais parce que ce perf.moral suppose une mise en ordre dans laquelle la volonté prend le pas sur les instincts et appétits spontanés - puisque la volonté est l’instrument de l’union à Dieu autant et plus que l’intelligence.L'intelligence en effet contemple parce que la volonté l'y applique. Tandis que la volonté (éclairée il est vrai par l'intelligence} est le moteur de l’action accomplie en union à Dieu ... ce qui est la phase mystique par excellence.,
QUELLES SONT LES ETAPES DE L'ADHESION INTERIEURE DE FOI A DIEU ?
a) Dieu est d’abord une idée : c‘est tellement vrai que les philosophes, sous des formules diverses , sont presque toujours parvenus à L e connaitre comme "idée”. Même " sans la Grâce” en effet, une certaine connaissance de Dieu est possible : connaissance par exemple de la nécessité de cette idée "Dieu”
-comme explication et source du BON,du Beau etc,(Platon)
-comme idée transcendantale indispensable pour unir l’âme et le monde (noumène suprême de Kant)= "être” en soi" indispensable
-comme idée de parfait (St Anselme, Descartes, Malebranche..)
-comme idée de " premier moteur nécessaire " (Aristote) - qui”meut” l'univers"en tant qu'objet d’amour” (voir cours antérieurs)
Concevoir Dieu comme idée, c’est saisir la logique de l’intuition qui Le met au sommet de tout pour dédiire ensuite toutes les créatures.
Ce n'est pas encore croire . Je peux avoir des idées sur Dieu sans être pour cela religieux . Dieu n’est pas seulement une idée commode pour tout expliquer ! La religion commence avec la prière.
b) DIEU comme état d’âme : Dans le préambule de cette feuille est présentée l’attitude intérieure, l’état d’âme, de celui qui arrive à la Foi. La logique intérieure de celui qui vit sa Foi est analogue .
Pour le faire mieux comprendre prenons l’exemple du P. Teilhard de Ch. Il a beau parler science des origines, évolution etc. sa pensée est organisée à partir de cette certitude fondamentale de la primauté de Dieu , de l’Esprit sur la matière. Il peut bien parler comme parlerait un matérialiste : ”la pensée est née de la matière” pour expliquer l’aspect scientifique de l'évolution: il voit que cette " pensée" progressera vers la découverte toujours plus claire de Dieu suprême valeur. L’expérience de la présence de Dieu en lui enthousiasme ses espérances dans l’extraordinaire découverte qu'en feront les hommes au bon moment.
L’expérience de la présence de Dieu ne peut être faite qu'en état de prière. La présence de Dieu dans nos idées déjà correspond à un certain état d'esprit (voir plus haut) ... dans notre prière nous prenons conscience de réalités spirituelles profondes auxquelles nous n’avions pas encore pris garde : ce sont d'abord des choses humaines que nous retrouvons :
- sensation de l'effort d’application à se recueillir
- sensation de respirer de façon plus ou moins bloqué (yoga.)
- sensations de bien-être, de pouvoir sur soi, de maîtrise de soi
- sentiment d’un idéal moral très élevé qu’on pourrait/devrait atteindre
- sentiment, d’être plongé en Dieu etc...
Là n’est pas encore la ”mystique” et Feuerbach n’a pas tort de croire qu’en ces états d’âme l’homme atteint ”son essence’ (il se trompe en enseignant que les mystiques prennent cela pour une révélation divine). (Voir au cours 63 page NS3 §4 : le Dieu du coeur de l’homme : Hindouisme)
c) Dieu oomme QUELQU’UN : après être passé d‘une idée sur Dieu, à un état d’âme de recherche de Dieu et d'attente de Dieu, le croyant peut s’engager dans les voies de la méditation et de l'oraison (voir plus loin).
Revenant au même point de recueillement expliqué plus haut, l’esprit s’attache à retrouver un état d’âme où spontanément il invoquera Dieu à son aide ( par exemple pour mieux comprendre un point de doctrine ou pour avoir la force de prendre telle décision importante pour sa vie ).
Dieu étant désormais considéré comme Quelqu’un qui agit par son influence, par les idées qu’il met en nous (pas besoin de paroles) , ici commencent les voies mystiques ... qui ne sont pas limitées à une contem-plation inerte, sans effets , inutile pour la vie ... mais qui visent à nous faire vivre , et vivre ardemment, en union intérieure à Dieu.
Le modèle suprème de cette vie d’union n’est pas tel saint à extases bilocations, phénomènes mirobolants... c’est Jésus-Homme lié intérieurement à Dieu ... Jésus-Homme accomplissant la volonté du Dieu présent en Lui.
CONCLUSION : Développer ma volonté et mettre un peu d'ordre dans le chaos de mes occupations pour trouver le temps de réfléchir sérieusement tout en priant... Apprendre à me concentrer me sera utile pour tout ... et si j'arrivais à croire vraiment que je sais prier : quel bonheur !

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