" Réalités spirituelles "

R.S.19

LA MESSE ET SA MAGIE SACREE


Remarque préliminaire : cette feuille veut répondre à l'attente des trois quarts des auditeurs habituels de ce cours. Elle n'est pas, une leçon sur la doctrine traditionnelle du sacrifice de la Messe - nous la supposerons connue ! - mais elle veut surtout faire comprendre comment un prêtre ou même simplement un chrétien logique et fervent peuvent trouver dans leurs messes fréquentes et même quotidiennes une saveur, une joie spirituelles sans avoir pour cela besoin d'être devenus d'une sainteté irréprochable. La messe est le renouvellement de la mort et de la résurrection du Christ. La Messe est l'acte religieux le plus complet La communion qui fait partie intégrale de la Messe est l'acte religieux individuel et collectif qui pourrait être.le plus parfait Les rites de la Messe s'inspirent d'une théologie du sacrifice, d'une MAGIE SACREE qu'il n'est pas inutile de rappeler d'abord
I LA NOTION DE SUBSTITUTION
Dans tout sacrifice, la victime offerte et immolée (mise en tas !) est sacrifiée à la place de celui qui veut offrir ce sacrifice. C'est facile à comprendre dans les sacrifices antiques, c'est moins évident dans le sacrifice de la Messe, mais non moins réel. Le Christ est offert pour celui qui a demandé la Messe. C'est tout le problène des intentions de messe : est-ce le saorifice religieux et intérieur du prêtre qui est ainsi « payé » acheté ( ! ) pour être offert en son efficacité mystérieuse, ou seulement ( ? ) l'actualisation du sacrifice du Christ ? Dans les deux cas, il y a substitution du prêtre et du Christ ..au demandeur - payeur du sacrifice. Comme dans toute Messe, il n'y a qu'un seul prêtre et qu'une seule victime, le Christ, le Christ se substitue à l'impétrant . Mais celui qui demande une Messe n'a-t-il rien à faire ?
II LA NOTION D'INCARNATION
A la Messe, le sacrifice du Christ est renouvelé, actualisé . On a l'air de le comprendre comme s'il s'agissait d'une représentation théâtrale d'une action ancienne, complétement passée . Quelquefois on insiste sur le mot actualisation comme s'il s'agissait d'appliquer seulement et maintenant les mérites passés du Christ historique à nos petits besoins actuels. Il y a bien davantage : de même que Jésus comme Homme s'est offert pour être consciemment et volontairement agi par Dieu en lui, le chrétien s'offre à la Messe pour les actions qu'il peut entrevoir comme probables et s'engage à les accomplir en union à Dieu même s'il s'agit d'actions héroïques. Il les accomplira "in persona, Christi", en son nom. On voit bien cela pour les actions sacerdotales, sacramentelles : on ne pense pas à le dire assez des résolutions d'offrande à Dieu prises par les fidèles. Le chrétien est alors une sorte de réincarnation du Christ accomplissant maintenant les actions utiles à son règne actuel. Quelle que soit sa ferveur du jour, le prêtre, le fidèle trouve, dans la Messe ainsi comprise, une force d'engagement quotidienne qui n'est pas la moindre des grâces de la Messe . On voit aussi qu'il est normal d'aller à la Messe assez souvent si on veut vivre en union à Dieu, et que la Messe hebdomadaire est bien le MINIMUM nécessaire à une certaine ferveur.
III LA NOTION D'ALLIANCE
Que l'Eucharistie soit le sacrement de la Nouvelle Alliance implique qu'on accepte le principe d'une ancienne alliance consistant en l'union du fidèle ou du prophète ou surtout d'un peuple avec Dieu. Il y a plus ici puisque pour marquer l'ALLIANCE commune, le personnage Christ intervient, il est de tiers entre Dieu et nous si l'on peut dire. Pour bien le marquer, le fidèle reçoit la Communion, pour aller en union avec le Christ, accomplir ces actions auxquelles il s'est déterminé . Ainsi chaque Communion est un ENGAGEMENT à l'ACTION, et pas une extase tendre entre mon Jésus et moi ! Il y a commune-union de tous ceux qui sont ainsi unis au Christ-actif : l'Eglise visible des Communiants. APPLICATIONS PRATIQUES : une nouvelle vision des moments de la Messe Les temps forts de la Messe, Offertoire, Consécration, Communion seront redécouverts, transformés pour qui veut y prêter attention : OFFERTOIRE: dans la mesure où vraiment je m’offre pour faire quelque chose je comprends que c'est un temps fort du sacrifice. CONSECRATION : dans la mesure où je me suis offert : je suis consacré et désigné pour allez accomplir en union au Christ ce que nous avons résolu (combien de fois ose-t-on offrir à la messe ce qu’on n’aurait jamais eu le courage, de sang froid, de sacrifier de nos aises , de nos libertés ! Remarque : on recommande actuellement de faire communier les fidèles avec les hosties consacrées à la Messe-même à laquelle ils participent : comment marquer plus clairement que ç'est ce que nous avons offert qui y est consacré ? COMMUNION : Le Christ est placé en moi pour m’accompagner dans mes actions. C'est sans doule la raison pour laquelle on cherche plutôt à restreindre la dévotion à la communion en dehors de la Messe . La Communion au Christ a tout son sens dans une offrande de soi poursuivie de l'offertoire à la CONSEGRATION : ”Ceci est mon Corps" devenant,”Ceux-ci c’est mon Corps”actif. Bien sûr "Celui qui communie en dehors de la Messe n'est frustré d’aucune des grâces nécessaires au salut, mais il est moins aidé à comprendre que sa communion est participation actuelle, avec toutes les exigences vitales que cela comporte, au sacrifice du Christ'! P. Roguet qui ajoute : "La COMMUNION SOUS LES DEUX ESPECES est nécessaire à la plénitude significative de la réfection, comme la double consécration corps et âme est nécessaire à la plénitude significative du sacrifice” (dans "Parole et pain” Nº l page 39)


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