Remarque préliminaire
: cette feuille veut répondre à l'attente des trois quarts des
auditeurs habituels de ce cours. Elle n'est pas, une leçon sur la doctrine
traditionnelle du sacrifice de la Messe - nous la supposerons connue ! - mais
elle veut surtout faire comprendre comment un prêtre ou même simplement
un chrétien logique et fervent peuvent trouver dans leurs messes fréquentes
et même quotidiennes une saveur, une joie spirituelles sans avoir pour
cela besoin d'être devenus d'une sainteté irréprochable.
La messe est le renouvellement de la mort et de la résurrection du Christ.
La Messe est l'acte religieux le plus complet La communion qui fait partie intégrale
de la Messe est l'acte religieux individuel et collectif qui pourrait être.le
plus parfait Les rites de la Messe s'inspirent d'une théologie du sacrifice,
d'une MAGIE SACREE qu'il n'est pas inutile de rappeler d'abord
I LA NOTION DE SUBSTITUTION
Dans tout sacrifice, la victime offerte et immolée (mise en tas !) est
sacrifiée à la place de celui qui veut offrir ce sacrifice. C'est
facile à comprendre dans les sacrifices antiques, c'est moins évident
dans le sacrifice de la Messe, mais non moins réel. Le Christ est offert
pour celui qui a demandé la Messe. C'est tout le problène des
intentions de messe : est-ce le saorifice religieux et intérieur du prêtre
qui est ainsi « payé » acheté ( ! ) pour
être offert en son efficacité mystérieuse, ou seulement
( ? ) l'actualisation du sacrifice du Christ ? Dans les deux cas, il y a substitution
du prêtre et du Christ ..au demandeur - payeur du sacrifice. Comme dans
toute Messe, il n'y a qu'un seul prêtre et qu'une seule victime, le Christ,
le Christ se substitue à l'impétrant . Mais celui qui demande
une Messe n'a-t-il rien à faire ?
II LA NOTION D'INCARNATION
A la Messe, le sacrifice du Christ est renouvelé, actualisé .
On a l'air de le comprendre comme s'il s'agissait d'une représentation
théâtrale d'une action ancienne, complétement passée
. Quelquefois on insiste sur le mot actualisation comme s'il s'agissait d'appliquer
seulement et maintenant les mérites passés du Christ historique
à nos petits besoins actuels. Il y a bien davantage : de même que
Jésus comme Homme s'est offert pour être consciemment et volontairement
agi par Dieu en lui, le chrétien s'offre à la Messe pour les actions
qu'il peut entrevoir comme probables et s'engage à les accomplir en union
à Dieu même s'il s'agit d'actions héroïques. Il les
accomplira "in persona, Christi", en son nom. On voit bien cela pour
les actions sacerdotales, sacramentelles : on ne pense pas à le dire
assez des résolutions d'offrande à Dieu prises par les fidèles.
Le chrétien est alors une sorte de
réincarnation du Christ accomplissant maintenant les actions utiles à
son règne actuel. Quelle que soit sa ferveur du jour, le prêtre,
le fidèle trouve, dans la Messe ainsi comprise, une force d'engagement
quotidienne qui n'est pas la moindre des grâces de la Messe . On voit
aussi qu'il est normal d'aller à la Messe assez souvent si on veut vivre
en union à Dieu, et que la Messe hebdomadaire est bien le MINIMUM nécessaire
à une certaine ferveur.
III LA NOTION D'ALLIANCE
Que l'Eucharistie soit le sacrement de la Nouvelle Alliance implique qu'on accepte
le principe d'une ancienne alliance consistant en l'union du fidèle ou
du prophète ou surtout d'un peuple avec Dieu. Il y a plus ici puisque pour
marquer l'ALLIANCE commune, le personnage Christ intervient, il est de tiers entre
Dieu et nous si l'on peut dire. Pour bien le marquer, le fidèle reçoit
la Communion, pour aller en union avec le Christ, accomplir ces actions auxquelles
il s'est déterminé . Ainsi chaque Communion est un ENGAGEMENT à
l'ACTION, et pas une extase tendre entre mon Jésus et moi ! Il y a commune-union
de tous ceux qui sont ainsi unis au Christ-actif : l'Eglise visible des Communiants.
APPLICATIONS PRATIQUES : une nouvelle vision des moments de la Messe
Les temps forts de la Messe,
Offertoire, Consécration, Communion seront redécouverts,
transformés pour qui veut y prêter attention :
OFFERTOIRE:
dans la mesure où vraiment je m’offre pour faire quelque
chose je comprends que c'est un temps fort du sacrifice.
CONSECRATION
: dans la mesure où je me suis offert : je suis consacré
et désigné pour allez accomplir en union au Christ ce
que nous avons résolu (combien de fois ose-t-on offrir à
la messe ce qu’on n’aurait jamais eu le courage, de sang
froid, de sacrifier de nos aises , de nos libertés !
Remarque
: on recommande actuellement de faire communier les fidèles
avec les hosties consacrées à la Messe-même à
laquelle ils participent : comment marquer plus clairement que ç'est
ce que nous avons offert qui y est consacré ?
COMMUNION
: Le Christ est placé en moi pour m’accompagner dans mes
actions. C'est sans doule la raison pour laquelle on cherche plutôt
à restreindre la
dévotion à la communion en dehors de la Messe . La
Communion au Christ a tout son sens dans une offrande de soi
poursuivie de l'offertoire à la
CONSEGRATION
: ”Ceci est mon Corps" devenant,”Ceux-ci c’est
mon Corps”actif. Bien sûr "Celui qui communie en
dehors de la Messe n'est frustré d’aucune des grâces
nécessaires au salut, mais il est moins aidé à
comprendre que sa communion est participation actuelle, avec toutes
les exigences vitales que cela comporte, au sacrifice
du Christ'! P. Roguet qui ajoute : "La COMMUNION SOUS LES DEUX
ESPECES est nécessaire à la plénitude
significative de la réfection, comme la double consécration
corps et âme est nécessaire à la plénitude
significative du sacrifice” (dans "Parole et pain”
Nº l page 39)
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