QU'EST - CE QU'UNE RELIGION ?
R.6
LES RITES RELIGIEUX ET LEURS SYMBOLES
par le Père Humbert BIONDI

Nous avons vu (R.5) que les mythes religieux pouvaient être considérés comme une présentation populaire, imagée, DES VERITES PROFONDES que les théologiens des différentes religions étudient et enseignent aux initiés. Les mythes grecs expliquaient en outre CERTAINS RITES - les rites en question ont disparu, seuls les mythes demeurent. On en dirait autant pour l’Inde .
Inversement, des religions ont pu conserver des rites en perdant ou en modifiant le symbolisme de ces rites, des religions ont pu emprunter ou sembler emprunter des rites à d’autres religions, MAIS LA SIGNIFICATION, la symbolisme, du rite semb1able, peut être d’une tout autre nature. Prenons quelques exemples, après avoir encore une fois noté que :
- de même que le mot mythe désigne sous une forme imaginaire DU REEL VRAI
- le symbole, bien que conventionnel, désigne une réalité VRAIE signifiée
- la signification du RITE, nous n’en sommes pas les inventeurs, mais nous devons nous y attacher en accomplissant le rite.
l.LA SIGNIFICATION SYMBOLIQUE DE L'USAGE DE L'EAU :
a) L’EAU en elle-même, c’est à dire ”l’élément eau”, que désigne l’expression " eaux primordiales,” se retrouve dans toutes les traditions humaines, mêlée parfois à la terre ( boue primordiale) comme berceau de la vie, et comme le symbole de la vie : prendre un bain rituel ce n’est pas d’abord se laver : c’est s’immerger dans la source de la vie, retrouver LA vie : et donc en quelque façon se trouver immergé dans la vie de Dieu , en Dieu .
b) l’usage de l’eau se comprend plus facilement : nettoyer , laver, purifier, en vue de rendre digne d’accomplir ensuite des actions rituelles : comme avant d’entrer dans le Temple (Egypte) - être en état de pureté légale même en dehors de toute notion de péché -PURIFIER DU PECHE : partout (ablutions de Qoumran, Baptême de Jean, Islam...) Le Baptême de Jésus signifie à la fois a) et b), même si on l’oublie !
c) le BAIN RITUEL : signifie l’agrégation à la comnunauté des croyants (Qmrn,. et Eglise Xne) et aussi. "l’ensevelissement du vieil homme" et la résurrection en une forme nouvelle, réincarnation en quelque sorte de Jésus .
d) la PLUIE, la SOURCE VIVE symbolisent la grâce divine (la rosée aussi) et même la communication surnaturelle de la vie divine : du St Esprit ...
2. LA SIGNIFICATION SYMBOLIQUE DE L’USAGE DU FEU : a) le feu en lui-même, c’est à dire ”l ’élément igné”, figure l’élément céleste - par opposition à la terre ou à l’eau - dont les manifestations sont le feu du ciel : Soleil ou astres lumineux et même foudre . Toute forme de feu est vénérée en Inde comme être divin, manifestation, symbole du divin.
Dans l’Ecriture juive ou chrétienne, le FEU (Sinaï, sacrifice d’Elie.. ) symbolise la présence active de Dieu, l’acceptation du sacrifice, et aussi la réalité divine, l’irruption du Dieu-Esprit dans nos vies et dans l‘Eglise : Pentecôte. b) l'usage du FEU est lié à l’idée de sacrifice : ce feu symbolise 1 'effort d’offrande de l’homme à Dieu (” Je suis venu allumer un feu...") et cette offrande peut aller du sacrifice humain des Aztèques, du sacrifice funèbre de l'Inde où, en une dernière offrande, le défunt est brûlé, au plus humble, où ds la ferveur (feu intérieur)tte action est offrande de soi
3. LA SIGNIFICATION SYMBOLIQUE DU RITE DE SACRIFICE : (abrégé ici,)
voir 19.20 Réalités spirituelles a) le principe de substitution : la victime est sacrifiée à la place de l’homme - c’est l'homme immolé en symbole que l'animal remplace.
b) l’animal offert appartient ensuite au Dieu : si le fidèle en reçoit quelque débris : il reçoit qq.ch. du Dieu : une communication avec les propriétés réalités divines : une communion aux richesses du Dieu • .•
c) pr tous : ”le sacrifice à Dieu, c’est un esprit brisé" (= dépossédé de soi)
4. LA SIGNIFICATION SYMBOLIQUE DES RITES ACCOMPLIS A TABLE
a) les plats consommés :- Les prêtres d’Astarté : le poisson et la, colombe -ceux de Cybèle et Attis : pain, vin, poisson (accusent les Xns de plagiat pour la date de Pâques surtout) ; - Mithra : pain et vin = orphisme etc. MAIS QUE POUVAIT-ON CONSOMMER D’AUTRE ? L’intention change tout :
b) A quoi pensait-on on mangeant ? Juifs : agneau-pain-herbes : LA PAQUE c’est à dire la fuite d'Egypte - Chrétiens : le repas du Seigneur (Cène) Poisson : anagramme du Chris t: détruit-mangé le vendredi comme Jésus : l’idée d’une "pénitence”en mangeant du poisson ou en ne mangeant pas de viande est un ajout postérieur tout juste respectable !) inutile d’expliquer ?
c) dans tous ces rites de manducation les chrétiens ont transformé, transmué l’intention qui les animait ailleurs (pas certain non plus qu’ils aient eu à les emprunter aux autres religions : le geste de manger en groupe, en communauté est tellement naturel !)
CONCLUSION : I.’ORIGINALITE DE LA NOTION DE SACREMENT
Que le prêtre soit le tenant-lieu, le lieutenant, le sacrement du Christ (et le fidèle aussi) , que ses gestes soient ceux du Christ qui bénit, baptise,consacre, QUI PRIE, à plus forte raison les GESTES et les choses utilisées en union au Christ prendront un tt autre SENS.
LE SACREMENT SIGNIFIE CE QU’EN FAIT, ET LE F A I T : sans aucune magie à cause du Christ présent, à cause de l’intention et de la ferveur de qui donne ET DE QUI RECOIT LE SACREMENT, comme symbole de son DON personnel. : comme un ENGAGEMENT à l'action en union à Dieu qui constitue autre Christ celui qui s’est ainsi offert par avance ! LE SACREMENT devient ainsi un acte de très haute valeur morale, dégagé de tt élément trouble magie-superstition-obscénité-égoïsme) . Tous les gestes sacrés sacramentaux) retrouvent alors leur vraie signification : toutes les actions accomplies "in persona Christi” (en tant qu’autre incarnation du Christ) ont valeur d’éternité, de partage des mérites du Christ (Indulgences :débat conciliaire de nov.65) qui mérite dans ses fidèles, mais non pas magiquement ou à leur insu ! Quelle belle Eglise que la communauté de ces hommes-réincarnation du Xt !
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